11 décembre 2005

Voyage au bout de l' enfer (3)

Je l' ai dit ici et je le redis, bien que je ne pense pas vraiment choquer les rares personnes qui viennent ici (si, si y'en a...), ça va être gore.
Et commençons par le commencement.

Samedi 19 novembre, nous fêtions nos 14 mois de bonheur partagé.
C' était devenu maintenant une habitude, le 19 de chaque mois, nous nous offrions des petits cadeaux, des petites cartes, des goodies pour fêter le jour où l' on s' est embrassés et sortis ensemble. Un 19 septembre 2004 pour être exact.
Ce jour là, ma Aude paraissait distante, lointaine. Elle avait des choses qui pesaient lourds sur elle mais elle ne voulait pas m' en parler pour éviter que je m' inquiète de trop, ou peut être qu' elle ne voulait pas que je prenne ça trop à la légère avec cette sorte de désinvolture que je peut avoir devant certains évènements graves. Désinvolture qui n' est qu'une façade : bien sûr que je m' inquiète mais que puis je faire d' autre ? Si je devais arranger les choses à ma manière, ce serait carrément plus violent et brutal car oui, quand je m' énerve, je concède n' avoir plus aucun contrôle. Je peut alors devenir réellement cassant en disant des choses que je ne pense pas vraiment ou plutôt si, mais à un niveau inconscient.

Aude avait et à, de nombreux problèmes.
Je ne vais pas rentrer dans tous ses problèmes que j' ai moi même survolé mais maintenant il est temps de rentrer dans certains, avant de refermer ou cautériser la plaie au briquet voire chalumeau.
D' où par exemple ce dessin que j' ai fait (enfin peinture dans l' enervement).
Regardez bien en cliquant dessus, ce qui est marqué.
Je cite : "je hais la mère de Aude, je ne pourrais jamais pardonner ce qu'elle a fait à sa fille". C' est vrai et je ne lui pardonnerais jamais. De toutes façons si elle se pointe devant moi un jour celle là (sait on jamais), je lui fout non seulement la droite en pleine gueule dans ce qu'il lui reste de dents, et un balais dans le cul, parce que dans l' orifice vaginal, elle se pourrait qu' elle aime ça hélas et si ça ne suffit pas, alors autant lui envelopper le corps avec l' extrêmité de ses lèvres en étirant bien la peau jusqu' au bout, pour qu'elle étouffe dans sa chair à défaut d' étouffer par la chair de sa chair...

Oui je suis grossier et vulgaire et si c'est ce que vous pensez en me jugeant juste en me lisant alors je vous emmerde.

Et pour me calmer un peu, je m' explique : La mère de ma douce n' a jamais, je dis bien jamais, aimé sa fille. Aucun amour maternel, ni même d' Amour véritable puisqu' elle abandonna le père de Aude à ses tiraillements existenciels du "je t' aime, moi non plus" jusqu' a ce qu' il craque. Et maniaco dépressif en mal d' amour, de vie même comme un peu nous tous, il craqua.
Et cessa de vivre.
Le pire mais je ne veut pas en parler par respect pour elle, c'est que je sais comment il a disparu du monde des vivants, Aude l' ayant appris par l' entremise de son oncle (le sujet semble un peu tabou dans la famille et ça se comprend diablement malgré que face à moi dernièrement, la langue de son papy se soit déliée bien plus qu' elle ne l' aurait fait pour sa petite fille, sa Aude.) puis me l' avait dit. De toutes façons il fallait bien que je sois dans le secret un jour ou l' autre forcément.
Avec une mère qui ne la considérait que comme un objet, juste un objet pour s' accorder en société (un peu comme le stylo que les écoliers mettent dans leurs trousses, le sortent en cours ou à la maison pour les devoirs, mais qui ne va pas plus loin) et briller un peu, il n' était pas étonnant qu' Aude pleure plusieurs fois et lance cette phrase terrible :

"Mais si elle ne l' aimait pas lui, pourquoi je suis née moi ? A quoi je sers ? A quoi ça sert que j' existe ?"

A quoi effectivement peut signifier notre destinée quand on est que le fruit d' un simple caprice, même pas du fait de la vie ni de l' amour ? Ce n' est même pas le fait d' un viol puisqu' a la base il y avait l' amour d' un père pour sa femme et le consentement de cette dernière même un peu désintéressée soit il. Plus Aude me parlait de sa "mère", plus j' en apprenais par l' entremise discrète de ses grands parents et oncle et plus en moi je bouillonais à tel point que j' ai lancé à Aude un jour " Attends, passe là moi au téléphone que je lui file sa raclée tu va voir".
Je peut vous garantir que je l' aurais fait si l' occasion s' était présentée.

Pour moi, ce n' est pas une "mère", ni même une femme puisqu' elle n'a pas même eu conscience de sa propre vie, pour moi elle n' est rien. Et rien c'est déjà beaucoup pour elle je trouve encore.
Pour Aude, même si elle la déteste et la hais profondément, "c' est sa mère".
Aïe. Et oui, ce manque d' affection et de tendresse maternelle qui continue de blesser ma Aude a construit un sacré noeud gordien. Elle ne peut que haïr et détester mais elle ne peut pas même la repousser.
Chaque déprime que je voyais se peindre sur le visage de ma douce, c' était dû en grande partieaux appels de sa mère. Laquelle d' ailleurs ne se gênais pas pour appeler à 5 h du matin par exemple.

Là, vous commencez à esquisser le problème tel que je vous le griffone maladroitement avec mes mots sur ce papier virtuel mais ce n' est que la partie en surface de l' iceberg.
A chaque appel de sa mère, Aude quand elle devait répondre, esquivait par des mots simples. "oui", "non", "d' accord", "au revoir", "sans doute". Jamais de phrases construites car tout se bloquait instantanément en elle.

On ajoute à celà le fait qu' elle était en retard dans son travail --comme un peu tout le monde, certes--, que son travail ne faisait pas non plus l' unanimité des professeurs et qu'elle n' acceptait pas vraiment la critique ou la prenait comme si il fallait tout recommencer de zéro, qu' elle dormait peu et prenait une vingtaine de cachets par jour, qu' elle faisait -fait- de la spasmophilie (ça touche plus souvent les femmes que les hommes), qu' elle continuait à maigrir mais difficilement, qu' elle était --est encore hélas-- hyper stressée et que étrangement peu de temps avant l' accident du 19,20 novembre, une suite surnaturelle d' incidents pas vraiment heureux s' étaient produits sur elle et son entourage.

D' abord, nous avions eu des mots car nous étions très fatigués tous les deux sans hélas avoir conscience de nos propres points de ruptures. C' était deux jours avant le concert de Camille et nous avions en fait eu une mésentente sur ce que moi je trouve à priori d' une banalité consternante, mais qui avait fait rétracter Aude : les dissertations d' histoire de l' art. Juste comme ça, je signalais à Aude que j' enviais sa méthode de rédaction en plusieurs copies là où moi j' en remplis seulement une en recto verso et en travaillant dans l' urgence (un peu comme fugitive nyark nyark, remember the phone call), mais elle avait mal pris cette remarque anodine. Sans doute parce qu' intérieurement elle se positionnait --mais pas que seulement face à moi-- en compétition dans ce domaine. Puéril mais ça m' avait moi aussi blessé (suivez le cheminement de pensée et pensez à ma place. Si votre petit ami(e) se place en compétition face à vous, même dans le sexe, vous servez véritablement à quoi alors ?) et on s' était disputé.
Pour rien, des conneries et j'en sourit aujourd'hui mais le soir même ça n' allait pas fort autant pour elle que pour moi.

Ensuite, dernièrement Aude s' inquiétait à juste titre pour son oncle qui dans un lycée d' élèves perturbés (et perturbateurs) comportaient des élèments ayant participé aux émeutes, lesquels avaient d' ailleurs insulté son oncle. S' ensuivit une paralysie des membres (je ne veux pas rentrer dans les détails pour vous ménager) qui heuresement fut sans poursuite.
Mais fut sûrement un élèment qui entraîna ma douce dans sa chute.

Enfin sa mère, toujours et encore qui avait décidé de ne plus payer le loyer de sa fille pour s' acheter une nouvelle voiture. Abandonner la chair de sa chair pour une putain de bagnole. Je rêve. Elle rêve. Passez moi le fusil à pompe...

Mettez à celà que ma douce s' inquiète aussi bien que moi pour son avenir, qu' elle continue de trouver inexistant même si nous la réconfortons en lui disant que c'est faux (ce qui est exact vu qu'elle a un sacré coup de crayon, elle peut facilement s' en sortir mais comme elle manque de confiance en elle), elle se ronge les ongles et les sangs.

Et samedi 19 novembre, dans le Quick où nous nous donnions mutuellement nos cadows', elle restait distante. Je tentais bien une approche délicate mais elle esquiva en disant qu'elle pensait juste au maximum de boulot que l' on avait, que les profs éxagéraient, mais que sinon ça allait.

Mon oeil tiens, ça se voyait gros comme la comète qu' elle me cachait quelque chose, filait un mauvais coton. Et même côté sexe depuis une semaine, ce n' était pas ça, le manque d' envie la bouffait bien plus que moi, incapable qu'elle était -est- à faire abstraction du monde juste pour se caliner tranquillement loin de tout, sur un lit chaud et matelassé double plaid et couettes.

Le soir, je fis les courses avec elle à Champion, le moins cher dans toute la périphérie du centre ville et l' aidait à porter les courses, mais pendant qu'on marchait, elle ne parlait plus, elle était ailleurs et quand je voulais lui dire quelque chose, elle me répondais d' un "chut", que je n' appréciais pas des masses. Elle semblait craindre quelque chose.
Dans l' appartement, je rangeais la nourriture soigneusement côté frigo, côté placard. Au moment où nous devions nous préparer à manger vu qu' une heure plus tard je devais rentrer dormir à l' internat -donc toujours être préssé par le temps- elle fondit en larmes, se raccrochant à moi. Les mots étaient inutiles, je ne pouvais que faire d' autre que de la serrer dans mes bras.

Pendant une heure j' essayais de la consoler, pendant une heure, ce fut en vain. J' essayais les pointes d' humour désabusé, les "attends tu va finir par inonder la mer caspienne", les réprimandes pas trop méchantes mais rien n' y fit. Et si elle se calma un peu, ce fut au moment où je devais partir à l' internat, le ventre vide et qui criait desespérément famine.

Las ! Voyant que je passais la porte, elle se raccrocha à moi en pleurant de "reste avec moi ! Reste dormir avec moi !" et je ne pouvais que bredouiller des excuses confuses mais hélas vraies à savoir qu' il fallait que je rentre à l' internat sinon la C.P.E et le surveillant appelleraient le proviseur et là...
Je lui promis néanmoins de lui envoyer un sms ou de l' appeler dès 9h30 le lendemain, promis juré puis de la voir.

Je rentrais à l' internat peu rassuré, mangeai une pauvre boîte de thon, quelques biscuits et de l' eau du robinet puis essaya de me coucher pas trop tard pour pouvoir me lever le lendemain.
Je dormis très mal.

Le lendemain dimanche 20 novembre, j' envoyais un sms à 9h30, ponctuel comme promis, puis mangeai mon petit déjeuner d' interne à savoir du régilait en poudre instantané, des petits nesquik à diluer et les mêmes biscuits que le soir.
J' attendit un sms qui ne vint pas.
Vaine tentative de me rassurer : "Du calme, elle doit être sortie faire des courses ou elle est allée à la laverie comme un dimanche sur deux ou bien elle a pas allumé son portable ou ne l'a même pas emmené avec elle." Je m' habillais calmement, lu un peu et attendit, de la musique sur les oreilles.

A 10h, toujours rien, je sonne, tombe sur la messagerie. Je laisse un message improvisé d'une nullité aberrante et attend un peu une réponse.

Elle va appeler, c'est sûr.

Mais elle n' appelle pas.

Et là...
Là...
Là, la peur irraisonnée qui s' empare de moi. Je m' habille prestement et file, coure hors de ma chambre pour la retrouver.


(a suivre)

J' arrête là, il va être 3 heures du matin et comme j' ai un peu de boulot pour demain, mieux vaut que je sois un minimum en forme.
See you soon les gens.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

AU contraire, il faut lire, sinon comment partager un tout petit peu avec toi ?

Anonyme a dit…

Je te suis pas à pas, yeux fermés parce que je connais le chemin par coeur...
Dès que tu as la plus que belle au téléphone, tu l'embrasses pour moi.

Nio a dit…

Surtout dès que j' ai du forfait chère fugitive. Et je t'avoue que vu le coup (pas trop grave) de partir chez ses grands parents sans même me prévenir (ce sont eux qui ont tenu à me prévenir) alors que dès qu'elle était sortie de l' hopital lundi, elle avait tenu à m' envoyer un sms et là, rien, ben ça me rend morose hein...

Je ne vais pas commencer à m' inquiéter trop pour des choses du genre "baisse d' amour" ou bien "elle ne m' aime plus", mais j' ai bien peur que ce soit celà.
Enfin bon, ne nous prenons pas trop la tête, surtout en ce moment. Devenons très niais en nous abêtissant un minimum devant Noël, il y aura un peu de bon. Et je n' ai pas oublié ton cadow' de Noyel, tu l' auras, promis.

Nico > c'est vrai, mais comme dans la vraie vie, je parle peu ou suis très refermé sur moi même. Il n' y a qu' en cinéma ou musique, voire livres, que d' un coup je m' emporte. En gé néral, je n' aime pas trop parler de moi même sans avoir à faire des efforts.
Même sur ce blog je dois faire des efforts pour parler, me forcer à écrire.

Mais je veut bien partager, pas de problème :D...