11 décembre 2005

Voyage au bout de l' enfer (2)

Mais je n' arrive pas à écrire comme je le voudrais.
J' aimerais tellement me confier plus facilement, du moins aussi facilement que lui, mais je n' y arrive pas et de ce fait je l' envie un peu, tout comme je l' admire pour cette simplicité humaine à fleur de peau, cette justesse de ton dans le fait de raconter son quotidien si finement et dans les détails.
En général, j' omet les détails, il m' arrive tellement de choses en une journée, que parfois je ne peut remonter le cours des évènements sans avoir une notion de temps faussé. J' en arrive à croire qu' une semaine est aussi longue qu' un mois.
J' en arrive même à ne plus avoir de repères temporels par moments. A un ami que je n' ai pas revu pendant je crois un mois il s' en est en fait écoulé 3.

Peut être est ce dû au fait que je me sens (et suis ?) hyperproductif dans tout ce que je fait ? Je lis --en général un peu de tout--, je regarde un peu de tout --sauf les films dramaticoculcul à la française et autres téléfilms france télévision navarroesque--, j' écoute énormément de musique et essaye de jouer à mes jeux vidéos dès qu' une parcelle de temps libre se présente à moi.
L' inverse est aussi valable. Sans que je ne le sache, j' ai parfois des moments où je n' écoute pas de musique sauf celle éternelle et simple du silence. J' ai des moments où je ne peut lire. Pas que je ne veuille pas non, mais que je ne peut pas. Même chose pour les films, dvds et autres divx.

Je me sens constamment tiraillé entre l' indécision et l' envie brusque d' avancer vraiment en avant, l' hyper émotivité et le rien-à-foutisme, l' intériorité et l' extériorité.

Alors j' ai mes blogs, extensions souvent de mes carnets personnels. Je dessine, peint et photographie quand je ne parle pas de musique. C' est pas du Baudelaire, c' est plus du lard et je suis un amateur total, mais qu' importe, je ne me prétend qu' a demi artiste aussi.
Et quand je parle, je m' emporte en plein lyrisme pour ce qui m'a marqué musicalement et cinématographiquement mais comme le petit garçon surpris d' être pris en flagrant délit de masturbation, je m' arrête de peur d' agacer mon auditoire, de peur qu' il me prenne pour ce que je ne suis pas.
J' ai parfois envie de crier comme Jackson Pollock (après 4,5 verres bien arrosés aussi) que je "ne triche pas", que je "n' invente ni ne joue". Mes plus grandes émotions, le coeur qui pique des pointes de vitesses à 120 battements par heure sur même pas un kilomètre, je les doit à des films, des filles, de la musique, des livres, tout ce qui nous fait vivre.
Je ne suis pas logique. Je suis un foutu romantique point barre.
Mais le romantisme des temps modernes, plus personne ne connait, tout le monde est prêt à troquer ses émotions et son humanité pour autre chose dans des soirées cul et des tchat pour fesses aigries. C' est le fast food, le fast sex, le fast films et tout ce qu'on y veut.

J' arrête là le sempiternel couplet sur un monde qui me dépasse quand moi je vis trop vite tout en faisant du surplace, sinon je vais me répéter et ça, je n' ai pas envie. Je veut bien me dévoiler comme avant mais sans non plus tomber dans les mêmes travers du mec qui se plaint, ce que j' ai l' habitude de faire.

Pourtant c'est vrai, je ne triche pas et mon pouls s' accèlère quand je parle du cinéma ou de la musique sans retenue et j' en suis obligé de ralentir et demander aux gens : " mais au fait, ça vous ennuie pas que je parle de tout ça ? Faut me le dire hein si ça vous embête, n' hésitez pas."
Je précise de toujours rajouter le "n' hésitez pas", sinon les gens vous laissent continuer et la vie n' est pas un exposé. Tout au plus une sale pièce de théâtre écrite par un grand fou monomaniaque et un brin pervers je pense, sinon ma foi, il n' aurait pas inventé le fait que les koalas donnent à manger à leur petit par l' anus (authentique), ni que les orang-outangs mâles aient leurs organes génitaux dans le dos (tout aussi authentique).
Là, vous voyez, si y'a un Dieu, il a mal fait son boulot.
Il à même crée l' homme ce con.

Mais assez de récriminations déïfiques et honteusement hypocrites, on ne tire pas sur les ambulances (même si ça provoque un bien fou). N' empêche que face aux grands parents de ma douce, qui m' ont un peu nourris et traité comme leur propre fils --et j'en avais honte-- pendant la première semaine, quand je parlais cinéma, il fallait tout de suite que j' arrête les cinéastes contemporains pour embrayer sur Buster Keaton ou Charlie Chaplin, ce qui est bien aussi même si je dois faire un choix, je prendrais Oshii, Cronenberg, Lynch, Tarkovski et autres Verhoeven et Kubrick's company.

Parce que tout en s' occupant d' Elle, ils s' occupaient un peu de moi, ce qui me permet d' entrer dans le vif du sujet en pleine ligne droite et après hop, au dodo.

Fin de cet ennuyeux prologue, place au délestage et je ne vais pas me gêner pour évoquer tout ce qu'il faut évoquer. Que ceux qui sont fragile ou qui éprouvent un peu de compassion pour moi en me lisant, ne lisent pas la suite.

Aucun commentaire: