
Dans une mer d' étoiles, noie toi avec moi et coule sur le fond de prérogatives dépassées et inconnues...
31 décembre 2005
Ecco the dolphin
"La mer c'est dégueulasse, les poissons baisent dedans."
Renaud.
Certains jeux sont à eux seuls des légendes, du fait de leur difficulté, de leur originalité, de l' engouement qu' ils ont provoqués et Ecco n' échappe pas à la règle. Originellement sorti sur Master System II, le petit dauphin défenseur de la mer fut aussi porté sur mégadrive (genesis), connut une suite (Les marées du temps) ainsi qu' un nouveau chapitre hallucinant de beauté et de difficulté sur dreamcast (Defender of the future) qui est parfois plus un remake récent qu' un épisode original.
Car le jeu est d'une grande difficulté encore aujourd'hui.
Vous êtes seuls dans votre quête et l' océan est un endroit dangereux, très dangereux, on le sait depuis Le monde de Némo et avant ça, Les Dents de la mer.
Dès que le jeu commence, on est plongé dedans à travers une intrigue qui ne se révèlera qu' a travers les mondes et eaux parcourues petit à petit avec le temps (hmm surtout le niveau "the library" avec la mythique Atlantis qui vous en apprendra plus). A peine aviez vous vos amis dauphins que soudain tout est aspiré (les dauphins mais aussi une grande partie de la faune et de la flore) à travers le ciel dans un tourbillon mystérieux.
Ne reste plus que des dauphins et quelques alliés éparpillés de par le monde, sinon vous êtes seuls, mais vraiment seuls.
Et cette sensation de solitude va aller en s' amplifiant lentement vers une grave mélancolie au fil des niveaux. Il y aurait même de quoi devenir claustrophobique à certains moments : on plonge de plus en plus profondément, dans des milieux lointains et inconnus. Il faut trouver de l' air dans les petites grottes souterraines (on est un dauphin, pas un poisson !), les méduses nous piquent, les crabes veulent nous fouttre des beignes, les araignées de mer nous écarter les membres, les requins nous bouffer, le corail nous blesser, les pieuvres nous barrer le passage quand elles veulent pas nous bouffer en sushis de dauphins.
La faune marine peut se réveler un enfer de tous les instants.
Un enfer incroyablement bien retranscrit d' ailleurs. Même en se faisant charcuter de partout on ne pourra que s' émouvoir de la pertinence des développeurs du jeu : c'est bien simple, c'est presque l' intégralité de la faune sous marine qui passe devant vous : requins bleus, requins mako, requins citron, requins de tous genre (pas encore vu le grand requin blanc, ça ne saurait tarder
Le jeu regorge de détails qui font plaisir à n' importe quel joueur. D' abord l' arrière fond, montrant d' incroyables panoramas bleus de coraux divers, ensuite le fait que quand on plonge, l' écran devienne plus sombre non seulement sur ce que l'on voit mais aussi les contours qui encadrent l' écran de jeu. Ensuite les musiques, tour à tour suivant le lieu, agréables et gaies ou surtout vers la fin, mélancolique et noires. Mais quand je dis mélancolique, c'est du midi sublime qui peut sans égal se placer au même niveau de beauté triste et désuette qu' un " Anxious heart" de Final Fantasy VII. J' espère que ça vous donnera une idée.
De fait tout est axé pour profiter d' une parfaite (pour l' époque mais j' avoue m' être justement bien pris au jeu de cet aspect là) immersion dans le jeu. La musique bien sûr mais aussi votre dauphin : Ce n' est pas un animal de cirque alors ne croyez pas qu' avec 3 boutons, il va réussir à donner la patte ou vous chanter la mélodie de H2G2, le guide du voyageur galactique, voire vous enregistrer un disque de karaoké des bas fonds avec choeurs de langoustes à l' arrière plan, non. Des 3 boutons (A,B et C) ne résultent que 3 actions, mais essentielles, que pourrait avoir n' importe quel dauphin dans la vraie vie. Le sonar (A), qui vous aide à communiquer avec d' autres mammifères intelligents --voire d' autres formes, minérales, telles que les cristaux géants-- ainsi que débloquer des accès, la poussée de vitesse (B) utile pour percer les méduses avec le bec ou donner des coups aux requins, enfin une vitesse de croisière autre que celle de la croix (C) ou de l' accélération brusque.
Ensuite un mot sur votre barre de vie : elle se compose juste de 2 x 5 barres horizontales.
La première tient compte du degrès de souffrance encouru, la seconde tient compte de votre oxygène et c'est tout.
Autant dire qu' on garde toujours précieusement un oeil à sa barre d' oxygène plus que tout car elle est aussi importante que la simple barre de vie.
Encore un mot sur cette fable écologique ludique (mais parfois difficile), au niveau de l' histoire, digne d' un grand scénario de film. Le tourbillon qui est la cause de votre dure quête est le fait d' une race d' extraterrestre dont la seule dénomination qui les concerne abstraitement est "le vortex". Tous les 500 ans, la Terre est en conjoncture avec une faille spatiale (un peu comme celle qui aspire John Crichton l' astronaute de Farscape), laquelle la met en relation avec la planète du Vortex. Les Atlantes, race pacifique eux même en danger à cause du vortex avaient tentés une première fois de protéger la Terre en remontant dans le passé. Visiblement ça n'a pas suffi, mais leurs ruines (et leurs glyphes) pourront être consultés par Ecco.
Et tout le jeu tient dans cette attente de l' inéluctable danger quel que soit la forme sous laquelle il va se présenter.
A un moment, on est confronté à une eau pleine de requins ( l' enfer !) tiens !
Et les derniers niveaux, à l' esthétique Giger montrent lentement le face à face avec le Vortex dans un niveau au titre énormément clin d' oeil à Pink Floyd, "Welcome to the machine".
Et les créatures sont aussi inquiétantes que la bestiole à Giger et lentement le paysage avance implacable. Il faut continuer son chemin sous peine d' être bouffé par les créatures du vortex (car elles viennent spécialement pour ça après que leurs ressources naturelles de nourriture se soit épuisées : pour vous manger !) dans un niveau qui a dû en inspirer plus d' un notamment le créateur de Rayman et Beyond good and evil. Regardez le face à face final du premier Rayman...
Au délà de son aspect enfantin, "Ecco" cache un grand jeu dur, claustrophobe, solitaire et inquiétant.
Un antique chef d' oeuvre.
30 décembre 2005
Cinéphilie compulsive de fin d' a(p)née
Je me sens un peu trahi, pour moi l' année 2005 a été un sympathique cru, alors...
Etrangement son top (j' attendais 20 films !) ne correspond pas à ce que j' imaginais....
Leur top à eux, est bien plus proche de ce que j' espérais heuresement. (même si y'a pas match point, flûte et gasp)
Et moi mon top, quel est il ?
Subjectivement sans le moindre recul objectif de ma part (Attention je n' ai pas vu la nouvelle version de King Kong mais l' ancienne, le mélodrame flamboyant de Eastwood et le cruel Woody Allen, je précise), allons y :
10. Harry Potter / The Taste of tea
9. Les noces funèbres
8. Shaun of the dead / Land of the dead
7. H2G2 : le guide du voyageur galactique
6. Narnia / Le château ambulant
5. History of violence
4. Wallace et Gromit le film
3. Sin City
2. La guerre des mondes
1. Star wars episode III
bon ben voilà. C'est du top bien "bateau" mais bon hein, 2005 a suffisamment été noir à tout point de vue pour moi pour que je décide de ne surtout regarder que des films qui font tout péter ou presque dans les chaumières. Regret : n' avoir pas vu le dernier Tsui Hark. Bouhouuu...
Règlements de comptes
Mon frère.
Mon frère et ce foutu manque de communication entre nous parce que nous sommes trop proches et trop lointains entre nous.
Parce que je n' ai pas voulu exploser parce que ça n' aurait servi à rien car il s' en contrefout royalement (de ce que je ressens et pense), que ça m' aurait gâché ma journée car j' ai franchement autre chose à foutre, que l' on se serait encore une fois brouillés et que mes vacances de noyel et nouvel an déjà pas très fameuses en elles-mêmes seraient complètement foutues et que j' espère encore sauver les meubles en dirigeant ou croyant diriger, mes journées.
Et même si je l' aime bien, j' avoue qu' il m' emmerde profondément à bien des moments. On croirait des reproches d' un fils fait à son père comme pour compenser un manque d' affection qu'il n'a pas pour l' instant de la gente féminine ni même vraiment de papa, ou qu' il aurait perdu de ce dernier. Ainsi ce reproche "ouais mais qui s' occupe de changer ça ? De débarrasser et d' aider maman le soir ?" (l' intéressée en question m' avoua qu'il préférait réviser dans sa chambre et souvent tirer au flan plutôt que l' aider) qui sous tend "t'es pas là, t'es jamais là, alors qu' est ce que t'en a foutre ?"
Putain comme si c' était de ma faute petit connnard prétentieux (avec 3 "n" à connard, deux n' auraient pas suffit cette fois ci) de mes couilles qui se croit le droit de régler ma vie sur la sienne car tu es à la fac de géopolitique de là où on était avant ,Parce que tu crois peut être qu' en connaissant le chemin tout tracé de ton avenir tu peut te permettre de régler le mien, de me faire le moindre reproche ? Parce que tu crois que j' ai choisi de faire des études, éxilé dans le Nord au milieu de Beaufs dont l' inculture le plus souvent me désole plus que tout, là où le chômage atteint des conditions formidables ? Parce que tu crois que j' ai choisi de jouer le rôle de l' Absent alors que j' aurais préféré rester avec vous ?
Ptit con, pas étonnant que les filles ne t' accordent aucune attention si tu les traites comme moi tu me traites.
102
Le coeur loupe un battement comme les autres fois.
Puis il reprend conscience et s' aperçoit qu' il n'a pas finit d' écrire les autres pages.
In the desert you can remember your name....
101 ème message ici.
Et j' ai le courage de reprendre les armes ici malgré les désillusions, le mal-être, les bugs et erreurs 404 si chers à blogger, la solitude de plus en plus croissante qui m' envahit face à ce que je sais, de moi, des autres, des gens...
Je repars donc en route pour une poignée de messages, voire plus.
Je me sens encore des choses plus ou moins intéressantes à dire.
Ou, rectification, qui n' intéresseront que moi au final mais n' est ce pas là souvent le propre d' un blog que de laisser exploser son (gros) négo (qui fume) à l' écran ?
J' essaie d' aller en roue libre sur mon chemin au gré des histoires, comme Travis dans ce superbe film.
Je suis Travis.
27 décembre 2005
Differents parts
Il a lentement repris contact avec elle comme avec le corps longtemps oublié d' une femme, retrouvé sous ses doigts d' amant maudit.
Il a conscience que le temps se déroule à rebours sous ses pas,
Que chaque fenêtre ouvre sur une autre,
Que le passé a toujours co-éxisté avec le présent,
Que le futur peut se retrouver entre ses mains.
Hier, il vagabondait de 4 ans en arrière vers le présent et le futur par simple plaisir.
Le soir, il plongeait dans les fragments et l' âme d' un autre par le biais du plus beau film du monde.
26 décembre 2005
Survol d' un Bilan (2)
On va quitter le morbide, on en a tous besoin même si je le réaffirme encore ici, 2005 fut guerrier et brutal. Mais on a eu finalement de très bonnes surprises.
Ainsi cet épisode III de Star Wars, parachevant les 2 trilogies et faisant le lien avec l' ancienne (Luke et Léïa) et avec quel brio. On était restés avec des épisodes I et II un peu faiblard il faut bien le reconnaître. Un épisode I très gamin avec une tête à claque plombant tout le film (virez moi Jar Jar ou je le bute !) tandis que l' épisode II malgré toute sa bonne volonté, ses clins d' oeils appuyés mais discrets envers d' autres films (Blade Runner et Metropolis en tête), son spectaculaire, ne décollait pourtant pas, la faute à une romance proche d' un téléfilm français (non, non je cite personne), assez niaise qui faisait plus sourire qu' autre chose. Il fallait que Lucas se resaisisse et il l'a fait ! On voulait du sombre ? La revanche des Sith s' impose comme encore plus noir que L' empire contre attaque et ça, il fallait le faire. En gros, je donne le spoiler que tout le monde sait : tout le monde va mourir ou presque. Yoda pourtant presque invincible comme me le faisait remarquer la Fugitive, Yoda donc, se prend sa raclée (monumentale), Palpatine sort de l' ombre et prend le pouvoir dans un retournement de situation qui n' est pas sans évoquer la ré-élection de Bush, Grievous même si il a un petit rôle crève assurément l' écran, Dooku est (atrocement) puni et Anakin devient lentement Lord Vador.
Ah oui, presque tous les Jedis vont mourir. Sombre je l' avais dit hein.
J' avoue que si je devais faire un top de l' année 2005 comme le Ed, ce Star Wars entrerait dedans, assurément.
Restons dans les étoiles pour évoquer, "LA" grosse poilade de 2005 (plus puissant que "Shaun" c'est dire) avec un humour absurdement "so british" que l' on avait pas vu depuis... Ben depuis les Monthy Pythons, ce qui fait un bail quand même. Vous l' aurez devinés, je parle de "H2G2, le guide du voyageur galactique" ! Tiré d' une série comique de science fiction littéraire de Douglas Adams qui date des 60's (j' ai le bouquin et j' avoue au passage que le film y est fidèle à 90 %, ça fait plaisir), "H2G2" se permet tout, rit de tout et s' envole avec grâce vers les hautes sphères de la déconnade qui va loin, mais loin, vous pouvez même pas imaginer. La terre va être détruite dans 2 minutes pour installer une autoroute intergalactique ? Pas grave, on a une serviette.
Oui, c'est absurde mais à l' écran, ça casse tout du feu de Dieu, c'est dire. Et puis saviez vous que les dauphins étaient hyper intelligents ? Que vous allez attendre des millions d' années pour avoir la réponse à la question du sens de la vie ? Et que ferez vous en sachant que la réponse est.... "42" ? LE film à avoir en regrettant la disparition des Pythons. Heuresement il nous reste les DVDs, Divx et K7 hein.
On descend dans l' atmosphère. Au début de l' année sortait "Le château ambulant", le dernier Miyazaki, l' une des rares raisons de sortir de son trou pour entrer dans une salle obscure. L' autre raison pour fuir prestement de la salle serait tous les marmots piallant à tort et a travers. Pourtant ce sont les marmots qui auraient dû partir logiquement, car ironiquement Miyazaki renouait avec la veine de Princesse Mononoke tout en préservant une magie et un espoir rare qu'on avait vu à son paroxisme dans "Totoro" ou "Kiki". Comme Princesse Mononoke, sans toutefois ne jamais montrer de sang à l' écran, le film atteint des sommets de noirceur : c' est la guerre dans le royaume magique et la transformation du magicien n' est pas sans rappeler la lente transformation crépusculaire d' Ashitaka, en plus spectaculaire certes. Les deux personnages ayant en point commun de ne devoir leur survie qu' a l' amour qu' ils portent tous deux à un personnage. Ashitaka avec San, Haku avec Sophie. Comme pour "Kiki" ou "le château dans le ciel", Miyazaki renoue avec des paysages européens tout en resassant hélas les mêmes thèmes. Depuis "le voyage de Chihiro", on est en terrain connu, dans du déjà vu, mais du déjà vu habile et génial. Le château a des pattes et vole vers la fin du film (tiens "le château dans le ciel"), un rayon guide l' héroïne vers son aimé magicien (tiens un rayon guideur.... comme dans "le château dans le ciel") et des formes noires proches de la boue se créent (tiens, bonjour "princesse Mononoke", bonjour "Chihiro"...) tandis que l' héroïne à un visage et une personnalité proche de certains personnages récurrents (bonjour "Kiki", bonjour "Mimi wo sumaseba").
Il n' empêche malgré tout ces clins d' oeil et cette impression de surnager dans un univers connu, le film reste plaisant et diantrement jouissif. On sent que Miyazaki se sent vieux (il l' avouait lui même, il voit de moins en moins bien et est presque aveugle) et son film, plus que "Chihiro" est une superbe fuite en avant (la course du château a deux pattes qui finira presque par ne tenir sur presque rien. Presque, mais là est la grande différence entre le plein et le néant), pour espérer malgré des temps sombres...
Ce film est le petit frère du "château dans le ciel".
Ce film est autant pour les petits que les grands.
Ce film est superbe et vous vous devez de le voir.
Comme tous les Miyazaki, oui, c'est vrai.
On redescend encore un peu. Récemment je suis allé voir le 4e Harry Potter, moi qui pourtant fuyait comme la peste (et fuit toujours) ces diaboliques effets de modes qui font que la masse aime soudainement après un film Tolkien (ah mais barrez vous !), Stephen King (Le premier qui porte les 7 tomes de "la tour sombre" au cinoche, je le flingue. Car il aura pas droit à l' erreur, heuresement une telle chose est impossible, King faisant des parallèles monstrueux entre l' univers de la Tour Sombre et presqu' une grande partie de ses bouquins. Bonne chance pour montrer une telle créature à l' écran) voire Frank Herberts (non là je me fais du mauvais sang pour rien, une grande partie des gens sont restés au film de Lynch sans savoir qu'une série --et sa suite-- existait) ou Marc Levi ou le Da Vinci Code. Enfin bref je me méfie toujours de tout ce que la masse peut voir, allez savoir. Bref un dimanche froid et glacé comme il n' en existe aucun autre dans le nord de ce foutu pays, je suis allé voir ce "Harry Potter et la coupe de feu" et j' avoue avoir passé un bon moment même si j' ai bien rit sous cape en entendant que le film était interdit aux moins de 12 ans. Après le 3e Star Wars, entendre que Harry Potter est violent, non là je rigole. Certes les effets spéciaux sont sublimes et le film bouge bien mais bon, violent non. Un peu sombre, oui. Encore que je n' ai pas suivi les Potter depuis le début, donc...
Mais même en restant un néophyte, les coupes et omissions se sentent et il y a des problèmes dans le rythme. N' empêche, un divertissement sympathique et c'est tout ce qu'on demande à ce genre de film. Et comme dirait mon ami Edounet, "Voldemort il a la classe". Certes.
Bon on va aller sur des choses plus "fun" pour terminer lentement cette chronique déjà longue.
"The taste of tea" est une assez bonne surprise dans le cinéma japonais. D' abord parce que c'est un ovni, ensuite parce que ce film qui va aussi lentement qu' une "histoire vraie" se veut léger tout en étant ludique et décalé, un peu comme le disait le réalisateur, comme le goût du thé. Un beau film léger et marrant cernant assez bien la chronique d' une famille type japonaise à la campagne. "Crazy Kung Fu" s' avère un film sympathique et sans prise de tête mais comment faire plus fort après le délirant "Shaollin Soccer" du même réalisateur ? En recréant une nouvelle histoire avec des gags nouveaux. Et ça marche même si l' effet de surprise est moins fort que la première fois. LE film "feun" (ça rîme avec Djeun vous avez vus ?) à voir entre potes. "Wallace et Gromit" au cinéma ? On aurait pu craindre le pire lors du passage au grand écran de nos chers bouille à pâtes et pourtant, il n' en est rien, le film est toujours aussi mignon, drôle et inventif avec la même magie renouvelée qui nous fait depuis toutes ces décennies croire au cinéma. "Doom" le film ? Une daube monumentale, là c'est dit vite et net et rien pour sauver le film (même pas la séquence en vue "subjective" comme dans le jeu), rien je vous dis ! Quel gâchis...
Et Narnia ou King Kong ? Et bien, je vais à Paris demain, alors peut-être me ferait je mon avis à tête reposée dans une bonne salle obscure, qui sait ?
De toutes façons en ce moment, j' ai besoin de calme et d' un peu d' évasion pour échapper à la morosité et la déprime qui me guettent et ce, malgré certains cadows eus récemment et que j' attendaient depuis houlà...
Depuis le déluge, c' est sûr.
En attendant, je vous souhaite à tous un "Noyez Joël !" (car il le mérite), comme il se doit.
25 décembre 2005
Les lumières de la nuit.
(cherchez et lancez le morceau si ça ne se déclenche pas)
Une armée de bougies a envahi les rues de la maison et l' espace de quelques nuits d' hiver, d' incroyables couleurs occupent celle-ci. Du jaune, du noir, de l' ocre, du sépia, de l' orange. Le contraste avec l' obscurité et la noirceur à la fois intérieure et extérieure est saisissant. Est il de bon ton de dire qu' en occident nous avons perdu la lumière originelle ?
Nous ne savons plus mettre des couleurs, de la lumière là où il le faudrait. Nos films, nos tableaux, notre écriture deviennent tous pour la plupart aseptisés, remplis de fadeur quand ce n' est pas l' égocentrisme qui nous guette. En capturant la splendeur de ces éphémères sculptures de cire en pleine flamboyance, arrivent des images audiovisuelles de splendeurs passées où la lumière n' illustre aussi parfaitement la réalité que dans le vacillement des êtres sur le chemin de la vie.
Perdus à jamais nos Barry Lyndon, nos Miroir. Seul le récent Village de M.Shyamalan arrive encore l' espace d' un temps a nous y faire croire, avant qu' il ne soit décrié par une masse d' abrutis dégénérés sans coeur non cinéphiles.
Nous avons perdus la flamboyance d' autrefois, pour le meilleur ou pour le pire ?
(La Madeleine à la veilleuse - George de la Tour)Je voudrais aujourd' hui que l' herbe fût blanche pour fouler l' évidence de vous voir souffrir : je ne regarderais pas sous votre main si jeune la forme dure, sans crépi de la mort. Un jour discrétionnaire, d' autres pourtant moins avides que moi, retireront votre chemise de toile, occuperont votre alcôve. Mais ils oublieront en partant de noyer la veilleuse et un peu d' huile se répandra par le poignard de la flamme sur l' impossible solution.
24 décembre 2005
/
Survol d' un bilan (1)
Comme pour le premier bilan, je ne vais pas jouer les moralisateurs, je dis simplement ce que je pense de tel ou tel film et mon avis n' engage que moi. Si vous n' êtes pas d' accord (mais j' ai de la chance, peu de monde passe ici. Ouf, ça a du bon de fuir canal-bloque par moment), merci d' argumenter en commentaire. C' est tout.
On se lance ?
Cette année 2005 aura été a tout points de vus exceptionnelle. Des suites à foison (Saw I et II), des nanars (Brice de Nice) comme des retournements inattendus, des films à la fois pour toute la famille, des oubliés qui ressortent miraculeusement, la hargne des poids lourds que sont Lucas, Burton, Spielberg, Allen, Gilliam, Gus Van Sant, Cronenberg, Romero, on a tout eu, tout ! Manquait plus que Fincher, Verhoeven, Kubrick et Tarkovski (non, non je n' ai pas fait exprès d' oublier le mort vivant qu' est devenu Godard). Les deux premiers prenant des vacances et ne faisant presque rien, les deux suivants étant hélas partis bien trop tôt.
A l' heure où j' écris ces lignes, Tarantino doit se reposer un peu après le steak tartare de Kill Bill ou tourner le film de guerre qu' il avait dit. Moi je le verrais bien sur un film de science fiction aux répliques diantrement cultissimes avant l' heure mais je doute que le père Quentin soit franchement intéressé par la science fiction. Diantre et peste que ce pinailleur copieur de bon goût. D' ailleurs il avait bien aimé Shaun of the Dead. C' est vrai qu' on méritait de le voir enfin dans nos contrées ce génial et drôle film (parodique) sur les zombies. En plus c'est plus l' amérique mais Londres et l' Angleterre qui sont ravagées. Un arrière goût de 28 jours plus tard ? Non pas vraiment tant le film évite la grosse catastrophe (on reste isolé dans un petit quartier : son pub, ses habitants, ses rues.) et se concentre sur la parcelle de vie du pauvre Shaun, employé à la vie franchement merdique partagé entre une copine qui le presse de choisir entre elle, sa mère et son pote (un gros beauf mordu de jeux vidéos. Un super geek quoi). Franchement jouissif même si ce que je dis n' avance aucunement sur l' opinion qu' on peut se faire sur le film.
Je reste sur le film de zombies, puisque c' était le retour de mr Romero (65 ans, toutes ses dents) avec "Land of the dead". Un film de zombies à l' ancienne, avec de vrais morceaux de zombies très lents comme les affectionnent les cadres de chez capcom (encore qu' avec resident evil 4, on charcute maintenant à tour de bras des paysans très beaufs, c'est tout aussi bien je dis pas le contraire) mais aussi une vraie leçon de cinéma puisque Roméro ne filme pas de surenchère (sauf celle des morceaux qui giclent en toutes part mais n' est pas gore qui veut), n'a pas de montage hystérique ni d' effets clipesques. Et le film sait en plus rester intelligent tout en tenant un rythme de croisière assez sympathique. Et le film se permet (comme tous les Romero une fois de plus) une petite critique sociale de l' Amérique en plus que les zombies commencent à apprendre à s' organiser, a survivre... Bref des zombies avec un neurone en plus.
On reste dans le sang qui tache et choque bien les ménagères de plus de 50 ans avec Sin City. Rodriguez (Robert de son prénom), ami de Tarantino et aussi créateur des heum... Spy Kids, oui bon, enfin Rodriguez, grand fan du comics de Frank Miller s' est associé avec ce dernier pour nous donner un enfant légitime qui tient autant du comics original (le noir et blanc avec les teintes de couleurs, les contrastes entre blanc et noir accentués parfois à l' extrême comme les pansements de Marv, les lunettes du teenager mutant Elijah Wood) que d' une suite de Pulp Fiction ou de tout autre bon film de Tarantino (la chronologie inversée comme si on feuilletait un strip, la violence bon enfant). Et puis il y a Jessica Alba, argument vendeur incroyable pour la libido de tout ado qui se respecte. C'est pas une suite à Pulp Fiction, mais plus du Pulpe Nichon ce film : Et dieu que c'est bon. Rodriguez signe là son meilleur film.
Encore du sang qui gicle à foison (décidement, 2005 aura été une année brutale à tous points de vue) avec "History of Violence". Cronenberg signe là son film le plus épuré, délaissant, on l' espère pour un temps, la nouvelle chair qui l'a fait connaître (revoyez les films de Cronenberg, je ne vais pas m' apesantir dessus). History of violence révèle un Viggo Mortensen dans un rôle violent (très même) et un Ed Harris toujours aussi grand, dans un rôle de petit tueur auquel notre Aragorn national aurait enlevé un oeil à coup de fil de fer (là oui, ça refroidit).
History of violence, sans être le meilleur Cronenberg de son auteur, poursuit en filigranne les thèmes qui lui sont chers : la violence, le virus, la contamination. Là c'est toute une famille qui est exposée à la violence d' un seul auquel le passé ressurgit. On se fiche de savoir ce qu' a été Tom Stall, simple père de famille dans son passé mais --et c'est là la volonté de mister Cronenberg-- on suit très bien ce qui arrive à ses proches quand ce passé ressurgit. Jamais Cronenberg n' avait filmé aussi justement une famille qui se décompose lentement et qui peine à retrouver le calme et la rédemption. Et cette violence, filmée comme un ballet chorégraphié mais tellement réelle. "History of violence" aurait dû avoir la palme car c'est un grand film qui a tout d'un futur classique.
Encore de la brutalité en folie avec le monstrueux "La guerre des mondes". En signant un remake (celui de la version 1953) et une nouvelle adaptation du livre originel de Wells, Spielberg en profite pour exorciser ses vieux démons de l' attentat du world trade center de 2001. Date à laquelle, il a également pris un nouveau tournant dans son cinéma en livrant des films plus noirs, plus sérieux et plus cruels par moments (revoyez Minority Report, Arrête moi si tu peut, mais oubliez Le terminal qui, même si il est gentil et mignon, pâlit devant les deux films sus-cités). L' adaptation de Spielberg ne fait pas dans la dentelle et certains imbéciles --n' ayant d' ailleurs sûrement rien compris à la fin-- ont crûs bon de taxer le film de "patriotique". Ah oui ? C'est patriotique de voir des corps flotter à la surface de l' eau ? C' est américain de voir l' armée se faire ravager d'un coup (un seul) par le rayon de la mort ? Sans blague ! Rien que la seule scène de l' attaque extra terrestre au début du film cloue le spectateur dans son fauteuil pour de bon. Merde on avait oublié depuis Indiana Jones et le temple maudit que Spielberg pouvait nous mettre une foutue claque. Les rayons de la mort extraterrestre réduisent les humains en cendres, toute une poussière que l' on retrouve sur les cheveux d' un Tom Cruise hébété, comme celle des pompiers et survivants du 11 septembre. D' ailleurs l' analogie est doulouresement compréhensible, c'est là le pire. Et le film multipliera toutes les allusions au 11 septembre tout en respectant assez bien le bouquin dans son ensemble malgré quelques points noirs (le nom d' Ogilvie originel mal repris, l' explication du pourquoi du comment d' où qu' ils viennent nos envahisseurs, la scène de la cuisine avec les raptors de Jurassic Park presque reprise plans par plans, la fin un peu expéditive) finalement pas des plus gênants. On aime le film pour la terreur qu' il dégage. On avait pas été plus déboussolé par un film de science fiction brutale et adulte depuis Aliens de James Cameron c'est dire. L' est bien loin le temps des E.T tous minces de Rencontres du 3e type et du petit monsieur aux longs doigts crée par Carlo Rambaldi, mouaip.
Moins violent mais tout aussi sombre par moment avec des pointes d' humour noir bien venu, furent le film de mr Gilliam, "les frères Grimm". Rappelez vous, on avait laissé ce pauvre Terry sur le tournage impossible d' un Don Quichotte dans "Lost in la mancha", ça faisait vraiment mal au coeur. Il semble que Terry se soit repris en main et ait décidé de faire péter les frais : village construit à partir de maquettes, reconstruction presque grandeur nature de la tour, images de synthèses à la fois voyantes mais pas trop non plus... En fait là où le bât blesse, ce sont les acteurs qui cabotinent par moment et cassent tout le rythme. Jonathan Pryce pourtant génial dans Brazil ou le Baron de Münchausen nous fait du n' importe quoi et s' amuse comme à la fête foraine. Tout le monde s' amuse bien un petit peu et le spectateur est un peu laissé sur place. [BIG SPOILER on] Le pire pour moi a été de voir justement le personnage de Pryce mourir dans le film. Ok c'est un méchant et même une belle ordure mais à ce moment là j' ai pensé en voyant un personnage Gilliamien mourir "C'est la fin du cinéma de Gilliam." Enfin, en espérant que Gilliam se rattrape au prochain film...On (je) garde espoir. [BIG SPOILER off]
Peut être était ce aussi la fin du cinéma de Burton. "Les noces funèbres" même sympathique et plaisant en diable se révèle trop proche de la magie de "L' étrange noël de mr Jack". Ce film que je me suis pris pourtant à coeur de défendre sur chronicart se révélait un peu, hélas, déjà vu. Attention ne me faites pas dire ce que j' ai pas vu, le film est superbe et c'est toujours le génie de mr Burton que l' on récèle là dessus. Le problème, c'est quand ce génie est utilisé comme une ficelle que l'on peut tirer et décliner plein de fois maintenant. Bon film mais les cinéphiles éprouveront un tenace sentiment de déjà vu un peu gênant par moments.
On quitte le morbide ? Je fais une pause et je reprend plus tard en soirée ou demain.
PrologueJe suis pas là mais vous pouvez me laisser un message...
Rien de grave, il y aurait eu juste un corps surgonflé comme dans Se7en.
Non sans rire, c'est la première fois que je me sentais aussi mal en restaurant, ça m' apprendra à connaître mes limites.
A noter que la soirée avait bien commencé, mon frère étant en retard pour une soirée à Paris avec réservation et tout le tralàlà, mon paternel avait commencé à s' énerver. En l' attendant, ma mère dût décommander et calmer le patriarche lequel pris un whisky et m' enjoignit de prendre cette "boisson d' homme".
J' ai bu 2 verres (pas trop grands non plus, pas trop petits aussi hélas) sans compter tout ce que j' ai dû ingurgiter comme vin dans le restaurant marocain où nous sommes allés passer le restant de la soirée. Mon frère pour se pardonner tint à payer l' apéro.
J' insiste sur le fait qu'il s' en est assez bien tiré, j' aurais pris 3 verres pour qu'il paye plus que ce qu'il peut mais celà aurait été pure vengeance.
Vous savez, je ne me venge pas, ni ne juge, je suis un être pure et chaste. Je ne me branle la nouille qu' après 1 heure du matin dans le noir tellement je suis poli.
Il n' empêche, redevenons sérieux, maintenant je peut dire sans mal que je sais ce que l'on peut endurer pendant un accouchement.
Je me couchais tôt, avec l' aspégic et le citrate de béthaïne, mais ne réussit à dormir que vers 3 heures du matin et sur le dos en plus tellement j' avais l' impression que j' allais dégueuler immédiatement mes tripes dès que je me mettais sur le ventre. Et comme je ne voulais pas mourir connement comme Jimi Hendrix (oui parce que pour moi, c' était une mort assez conne. Même Janis Joplin l'a dit avant moi alors...)
Je hais les fêtes par moments.
23 décembre 2005
The sky is blue my lord...
Enfin un rayon de soleil et la température qui monte de 1° à 14° !
Déjà que la maison était à elle seule un écosystème de plusieurs températures, mais ce bleu du ciel renforce ma détermination et ma bonne humeur après tant de morosité grisâtre.
Pour info : La maison : 18°
Le home cinéma : 13 ° (oui...)
Dehors : 1° maintenant 14°. Presque le bonheur ? Si on m' annonçait qu'il faisait 20° demain, je suis sûr que je me fouttrais à poil en plein air, la bistouquette à tous vents, humant la saveur du soleil sur ma peau. ^_^
C' est dingue, je me demande si c'est le fait de murir qui me fait marquer de telles inutilités. A ce stade, il aurait mieux valu que je ne grandisse pas.
Repartir à zéro... Avant son accident, avant ce malentendu débile d' août, avant ces replis personnels...
Heuresement il y a des gens bien sur cette Terre. Grâce au net, ils sont à deux pas de chez nous.
22 décembre 2005
poils...
Avant les hommes préféraient les blondes, maintenant l' Asie à réaffirmée sa toute puissance à travers ses êtres féminins de toute beauté et de toute puissance.
Je sens que ça vient, je me retiens mais c'est difficile.
Ses mains s' activent maintenant sur moi dans un mouvement vertical lascif. Elle sait que je fais tout pour me retenir et sans se presser, elle continue. Ses gestes ralentissent mais elle ne me lache plus. Elle sait que je suis a sa merci et pour me faire craquer, rapproche lentement son visage.
Non ! Je viens, je jouis.
Cet après midi, je suis allé chez le coiffeur.
Pensées bassement mesquines...
"Je devrais avoir plus d' amis sur canalblog, ça me ferait plus de commentaires".
Ironie.
Celle là est pas mal non plus, mais elle n' est pas de moi : "Si la connerie était un impôt, l' état serait auto financé".
Sinon, le sud de la france fait peur par moment, quand à lui, le rouge ne lui va pas du tout (thanks to mister kmlz pour cette image "perculante"). Et puis les gosses ont déjà peur de l' empereur dans Star Wars alors vous imaginez si il se mettait au rouge ?
Déjà que le travail au noir ça lui réussissait pas...
Vite recouchons nous mes amis, des couettes chaudes et de la musique magique nous attendent.
21 décembre 2005
la pente
C' est (un peu) énervant...
Et encore une fois, ce sont des vacances en demi-teinte, comme l' an dernier.
L' inaction, le manque d' envie flagrante, la lassitude me guettent dangereusement.
Je nettoie un peu ici la poussière.
J' ai un peu plus de mal là.
J' essaie de rassembler du courage et de la force pour terminer de raconter mon récit sur ce 20 novembre 2005 traumatisant ainsi qu' aborder un bilan cinéma, musical, dvd et bouquins plus ou moins personnel de cette année comme l' année précedente, mais...
Mais je manque de courage.
Depuis qu' Aude à été rapatriée chez ses grands parents pour se reposer et continuer un traitement dans un autre CHU, je la vois de plus en plus mal reprendre les cours en janvier.
Et je me vois difficilement survivre. Peut être par pessimisme, j' en arrive à me demander si ce n' est pas à cause de cette fille que je déprime malgré que je l' aime et il se pourrait bien que oui.
Et j' en viens même à me demander à certains moments, si je n' étais pas mieux avant. Oh certes il y avait encore cette terrible solitude, cette souffrance affective, ce besoin d' aimer et d' être aimé qui ne demandait qu' a être comblé (et qui le demande encore aujourd' hui), mais au moins, j' étais moins déprimé, je prenais sur moi et peut être bien égoïstement, j' arrivais à survivre.
Et même avant que je la rencontre, j' étais encore créatif et imaginatif. Aujourd' hui, tout se perd, pour aller je ne sais dans quel vide abyssal. Comme Elle, je me racornis peut être de l' intérieur, c'est sûr.
Bien sûr il y aura toujours des gens extérieurs au problème pour me dire "allons tu dessines toujours aussi bien, n' est ce pas là le plus important ?", des crétins qui ne comprennent pas que mon problème est intérieur et que le dessin ou l' Art, mon art quel qu' il soit n' est bien souvent qu' un exutoire. Je ne suis pas jugé sur mes dessins à l' examen (enfin pas seulement) mais aussi sur mes idées.
Or mes idées de travaux marchent encore moins bien que ceux de l' année dernière (qui n' étaient pas toujours fameux dans l' ensemble), c'est évident et mes professeurs le voient mieux que moi.
Peut être que je ne traverse juste qu'une mauvaise passe mais quand j' ai regardé d' anciens carnets à idées, carnets personnels des années précédentes cet après midi, j' ai hélas eu la confirmation douloureuse que je tournais en rond aussi.
Il faudrait se resaissir, mais comment ? Pour l' instant je n' attends que Noyel et autres joies matérielles. Un coocooning échappatoire de survie niais dans les cadeaux de tout poil.
Je crains pour mon année, je crains pour mon examen, je crains pour ma vie et peut être pour la première fois, je m' inquiète pour mon avenir...
Déçu...
Mon frère a invité un de ses amis à passer la nuit chez nous, lequel évidemment a aussi partagé notre pain et notre vin il y a encore moins d' une heure. Au cours du repas, j' eus droit à la sempiternelle réflexion cul-bénit à peine hypocrite du "Alors c'est vrai ? Tu t'es enfin mis au code --de la route, je précise-- ?", réflexion sous jacente du "Ah, t' en as mis du temps." qui a provoqué une hilarité gentille mais un peu moqueuse chez mon père et ma mère.
Bref les nouvelles vont vite et ça m' énerve en plus de me rendre morose de m' apercevoir que je suis un sujet de conversation de plus pour mon frère.
Si au moins, il m' évoquait auprès de ses amis en termes admiratifs, oui, ok, passe encore, mais non. Toutes mes erreurs, tous mes défauts, tout ce pour quoi je ne me presse guère parce qu' en général celà m' emmerde considérablement, eh bien tout ça passe sous la moulinette du prisme de mon frangin qui n'a que 2 ans de moins que moi.
Et dire que je ne parle pratiquement jamais de lui....
Le vaisseau des morts (extrait)
"Je me dirigeai vers le sud par des routes aussi vieilles que l' histoire de l' Europe. Je m' en tenais à ma nouvelle nationalité et, quand on m' interrogeait là-dessus, je répondais froidement : "Boche." Personne ne le prenait mal, partout on me donnait le gîte et le couvert. Il semblait que mon instinct ne m' eût pas trompé, car personne ne pouvait souffrir les Américains. Toutes les injures étaient pour eux : c' étaient des escrocs qui avaient monnayé le sang de la belle jeunesse française en dollars, des usuriers qui essayaient maintenant de monnayer à leur tour les larmes des mères, alors qu' ils nageaient déjà dans l' or. "Si seulement nous en tenions un, de ces parvenus, bon Dieu ! nous le descendrions comme un chien, c' est tout ce qu' ils méritent !" Ouf ! J' avais eu fin nez.
" Mais les Boches, en revanche ! C' est entendu, on a fait la guerre, on leur a repris l' Alsace, avec honneur, et remarquez d' ailleurs qu' ils sont d' accord. Eh bien ! les pauvres vieux, ils sont dans le pétrin tout comme nous. Ils ont ces chiens d' Américains à leurs trousses. On leur donnerait bien volontiers quelque chose à ces pauvres Boches, si ces salauds d' Américains ne nous avaient pas tout pris. Hmm, ça se voit sur vous, tenez, vous êtes affamé. Mangez seulement, allez ! servez-vous ! Prenez le meilleur morceau si ça vous dit. Et où voulez vous aller comme ça ? En Espagne ? Pas bête ça ! Ils n' ont pas eu la guerre eux, ils ont plus que nous. Quoique les Américains les aient aussi refaits de Cuba et des Philippines... Vous voyez bien qu' ils sont partout. Allez-y, ne vous gênez pas, ne faites pas attention à nous si vous êtes le dernier...
" Et dire que si un pauvre diable de chez nous a mis trois sous de côté, histoire d' aller dans les Amériques gagner quelques dollars pour ses vieux parents, ces bandits lui ferment la porte au nez ! Ils commencent par voler la terre à ces pauvres indiens, et puis ils ne laissent plus entrer personne, affaire de s' engraisser parmi. Comme s' ils leur faisaient des cadeaux à nos gamins ! Le pire travail, qu' ils leur donnent, celui dont ils ne veulent pas !"
20 décembre 2005
Animal Crossing

Il est toujours peu évident de parler d' un nouveau film, d' un nouveau livre ou un nouveau jeu vidéo quand celui ci s' avère, qui plus est, une expérience des plus marquantes. Animal Crossing est une autre tranche de réalité comme Phantasy Star Online a pu l' être, du moins pour moi.
Animal Crossing est à l' image de ce panneau routier auquel il emprunte son titre : attention passage d' animaux. Donc s' attendre à quelque chose qui coupe la route, voire la traverse avec nous quand elle ne nous barre aucun accès. Animal crossing c'est à peu près ça puisqu' il s' agit au carrefour du virtuel de s' intégrer dans une communauté d' animaux et de se forger de précieuses amitiés virtuelles. Tout le jeu d' ailleurs semble à l' image de ce panneau, donc ralentir, le jeu ne se terminera pas aussi rapidement, il faut avoir beaucoup de patience.
D' ailleurs chose inédite, le jeu n'a pas de fin du tout, sauf celle matérielle que vous lui donnerez en effaçant votre partie ou revendant celui-ci, ou je sais pas moi, renversez de la grenadine comme un gland sur votre console de salon (ou de chambre), et avouez le pour cette dernière solution, c'est pas très malin hein...
Un jeu infini ? Peut-être mais laissez moi l' évoquer un peu plus devant vos perceptions rétiniennes étonnées et absconses face au virtuel.
D' abord ne pas juger sur le graphisme coloré et mignon (enfantin...) de la pochette et du jeu en général, ce n' est qu'un détail, ce jeu s' adressant en grande partie aux enfants et adolescents (euh pré-ado même) donc on s' adapte. On met le jeu dans la console et on commence une partie. On se retrouve d' un coup, dès le départ dans un train ou un fieffé et gentil matou bleu (!) nous questionne sur nous même : C'est quoi ton nom (ou pseudonyme) ?
_ Nio.
_ Et où tu va comme ça ?
_ Ben à Amanye.
_ Nio hein ? Chouette nom. Et toi tu le trouve comment ?
_ Hmmm, assez joli.
_ Arf, t'es une fille aussi jolie que ton nom alors (rire du personnage).
_ Heu je suis un mec...
_ Oups."
Mine de rien, la conversation du début --retranscrite à quelques mots près ici-- permet à la machine de prendre certain paramètres déterminants pour commencer la partie dans son monde.Votre monde car même si celui qui vous est fourni ne peut être vraiment changé (ce n' est pas les sims non plus et vous n' êtes pas un substitut de Dieu qui a plein pouvoir comme dans ce dernier), vous pouvez le customiser judicieusement en toile de fond, un peu comme la réalité et c'est ça qui est génial et en fait le grand point commun avec PSO cité précédemment. Donc, ces paramètres sont votre pseudo (tout le monde vous appellera par votre pseudo, alors choisissez bien, choisissez B... euh), l' apparence que vous vous donnez ou que vous croyez ou pensez avoir (un mec donc, et mignon. Je suis cuit.) ainsi que le nom de votre ville.... Où vous allez pouvoir passer le restant de vos jours virtuels. Oui vu comme ça, ça fait peur mais l' échappatoire à la réalité n'en est pas moins génial donc je continue...
Votre train s' arrête, le matou a entre temps prévenu un ami pour vous "héberger", lequel vous attend dès que vous sortez de la gare. Cet homme, enfin ce raton laveur qui vous acceuille, c'est Tom Nook, l' animal à tout faire de la ville, détenteur d' un magasin et acheteur d' a peu près tout ce que vous trouverez de chouette à lui vendre (je lui vends des coquillages quand j' en offre pas dans les lettres que j' envoie à mes "amis" virtuels !) et qui vous loue une maison en attendant que vous puissiez le rembourser. Bon ben va falloir trouver du boulot... Un peu comme dans la vie réelle tiens. Mais en mieux par moments.
Vos voisins animaux au début même si ils vous traitent comme un chien et parfois avec mépris (on a l' impression d' être un immigré fraîchement débarqué en France, ça fait plaisir. Manquerait plus que le jeu soit sponsorisé par Sarko...) apprennent à gagner votre confiance, puis votre respect au fur et à mesure que vous leur rendez service. Bien sûr n' allez pas non plus vous froisser avec eux à la moindre bêtise, ce serait stupide, une amitié de quelques jours est si fragile. Toutes les amitiés le sont, je ferais remarquer au passage.
Et puis votre apparence change (comme dans PSO oui, on sait), vous pouvez changer de vêtements dès que votre garde robe commence à être un tant soit peu fournie, vous pouvez acheter un parapluie (pour faire joli mouais), une pelle (plus pratique, pour déterrer des sommes d' argent enfouies et des fossiles là où dans notre sordide réalité on trouverait plus un corps ou une vieille mine de 14-18...), un filet, une canne à pêche et surtout des meubles, papiers peints et autres trucs à la noix pour décorer votre maison.
On peut même avoir des jeux Nintendo NES pour jouer chez soi (pas plus tard que ce matin, j'ai refait du Donkey Kong de 1981 !) ou acheter de la musique (pas des vrais morceaux, il faudrait une licence pour ça, non mais des morceaux crées par les programmateurs) pour notre cassetophone portable.
Un autre truc génial du jeu, c'est la prise en compte en temps réel de celui-ci : une pendule s' affiche d' ailleurs en bas de l' écran quand vous ne faites rien, elle indique le jour, le mois et l' heure... Vous jouez le soir à 23 heures mais vous ne pourrez aller au magasin de Tom Nook car il n' est ouvert que de 9 à 22 heures par exemple. Toujours à 23 h, il fera sombre dans votre jeu et la plupart des personnages ne vous ouvriront pas parce que... Ben ils dorment. Comme dans la vraie vie !
Heuresement il restera toujours des insomniaques à qui tailler parlotte le soir très tard.
Le Temps même de cet univers est pris en compte. Tenez, pas plus tard qu' hier, j' ai planté des tulipes et un arbrisseau dans l' univers enneigé de ma ville. Je sais qu' en janvier, la neige commencera à fondre et qu' en février, l' arbre planté aura bien poussé. D' ailleurs il paraît qu'on peut tricher un peu et changer l' horloge du jeu dès le départ. Back to the future ? La machine à remonter le temps ? Donnie Darko ? Mais ça me plairait bien de voir ce qu'il advient d' une partie si on fait un bond chaque jour, d' une semaine, puis d' un mois, puis d' un an dans le futur... J' essaierais sur une partie annexe tiens...
Vous imaginez ? Je règle l' année 10191 de Dune dans l' horloge interne de la console et hoplà. Je pense que tous les animaux que j' aurais connu ne seront plus là pour me parler, c'est triste...
Enfin je doute que ça puisse marcher même si les possibilités de ce jeu semblent carrément inifini...
Et quand vous vous ennuierez, il y aura toujours quelque chose à faire. On peut même créer ses propres motifs pour vêtements, murs et sols, parapluie ou portes de maisons (!). J' ai crée un motif inspiré de Klimt (de la toile "le baiser" de Klimt). Doré, sépia, noir et blanc, magnifique.
J' ai aussi crée un motif Art Nouveau écossais (la bande des 4 avec Mackintosh) mais il faudra qeue je le retravaille, c'est pas vraiment ça...
Et quand vous en aurez marre de votre vie, dénichez un copain qui a Animal Crossing, prêtez vous les cartes mémoires avec les données sauvées et partez chacun dans la ville de l' autre (dingue ça...) ! Edounet, dis tu veux bien jouer a Animal Crossing ? :)
Au final, le jeu s' annonce aussi addictif que PSO et tout aussi prenant, sans être online, c'est là sa grande force. On peut y jouer en décembre et ne revenir qu' en juillet ou décembre d' après, il y aura toujours des nouveautées dans chaque ville.
Une belle parcelle de réalité alternative.
The eternal (1980)
Procession moves on, the shouting is over,
Praise to the glory of loved ones now gone.
Talking aloud as they sit round their tables,
Scattering flowers washed down by the rain.
Stood by the gate at the foot of the garden,
Watching them pass like clouds in the sky,
Try to cry out in the heat of the moment,
Possessed by a fury that burns from inside.
Cry like a child, though these years make me older,
With children my time is so wastefully spent,
A burden to keep, though their inner communion,
Accept like a curse an unlucky deal.
Played by the gate at the foot of the garden,
My view stretches out from the fence to the wall,
No words could explain, no actions determine,
Just watching the trees and the leaves as they fall.
19 décembre 2005
Andréï Tarkovski, quelques clés...
Maintenant je sais.
Maintenant je sais pourquoi les films de Tarkovski sont aussi destabilisant et posent tous des questions fondamentales sur la mémoire, la vie, la mort, l' humanité.
Andréï à mis tout son coeur, toute son âme dans ses films car il était atteint irrémédiablement d' un cancer.
Lui, un cinéaste si pessimiste, jusqu' a la fin pourtant pouvait encore créer des parcelles de lumière.
Lui, un cinéaste n' ayant jamais connu, ni cherché la gloire, était paradoxalement le plus Humain, et ce, jusqu' à la fin.
Terriblement effarant.
Voici le dernier entretien du cinéaste accordé dans Nouvelles clées en 1986, peu de temps avant sa disparition brutale à 54 ans. (J' ai mis le lien, mais je ne résiste pas au plaisir d' un copié-collé. Notez aussi que l' interviewer fait une grosse boulette à un moment...)
Voici la dernière interview donnée par le cinéaste Andreï Tarkovski, le 28 avril 1986, malade au lit, dans son appartement parisien. Il n'a été publié que dans Nouvelles Clés.
Ses principaux films : Andreï Roublev, Solaris, Le miroir, Stalker, Sacrifice.
Nouvelles Clés : On sent que le genre humain vous a déçu. Quand on voit vos films, on a presque honte d'y appartenir. Y a-t-il encore une lueur au fond du puits ?
Andreï Tarkovski : Discuter d'optimisme et de pessimisme est idiot. Ce sont des notions vides de sens. Les gens qui se couvrent d'optimisme le font pour des raisons politiques ou idéologiques. Ils ne veulent pas dire ce qu'ils pensent. Comme dit un proverbe russe, un pessimiste est un optimiste bien informé. La position de l'optimiste est idéologiquement maligne, elle est théâtrale, et elle est dénuée de toute sincérité. Par contre, l'espoir est le propre de l'homme. C'est l'avantage de l'être humain. Il naît avec l'espoir. On ne perd pas l'espoir face à la réalité parce qu'il est irrationnel. Il se renforce chez l'homme contre toute logique. Tertulien disait et il avait raison : "je crois parce que c'est absurde de croire." L'espoir a plutôt tendance à se renforcer même face au plus sordide de notre société actuelle. Tout simplement parce que l'horreur, tout comme le beau, provoque des sentiments qui, chez un croyant renforcent l'espoir.
N.C : Quels ont été les rêves qui vous ont le plus marqué dans votre vie ? Avez-vous des visions ?
A.T : Je sais beaucoup de choses sur mes rêves. Ils sont pour moi d'une très grande importance. Mais je n'aime pas les dévoiler. Ce que je peux vous dire, c'est que mes rêves sont en deux catégories. Il y a les rêves prophétiques que je reçois du monde transcendant, de l'au-delà. Puis il y a les rêves quelconques qui viennent de mes contacts avec la réalité. Les rêves prophétiques me viennent au moment de l'endormissement. Lorsque mon âme se sépare du monde des plaines et monte vers les sommets des montagnes. Une fois l'homme séparé du monde des plaines, il commence tout doucement à se réveiller. Au moment où il se réveille, son âme est encore pure et les images sont encore pleines de sens. Ce sont ces images que l'on rapporte de là-haut qui nous libèrent. Mais le problème, c'est que très vite, elles se mélangent avec les images des plaines et il devient difficile de le retrouver. Ce qui est certain, c'est que là-haut, le temps est réversible. Ce qui me prouve que le temps et l'espace n'existent que dans leur incarnation matérielle. Le temps n'est pas objectif.
N.C : Pourquoi n'aimez-vous pas votre film Solaris ? Serait-ce parce qu'il est le seul à ne pas être douloureux ?
A.T : Je pense que la notion de conscience qui s'y matérialise est assez bien exprimée. Le problème, c'est qu'il y a trop de gadgets pseudo-scientifiques dans le film. Les stations orbitales, les appareils, tout cela m'agace profondément. Les trucs modernes et technologiques sont pour moi des symboles de l'erreur de l'homme. L'homme moderne est trop préoccupé par son développement matériel, par le côté pragmatique de la réalité. Il est comme un animal prédateur qui ne sait que prendre. L'intérêt de l'homme pour le monde transcendant a disparu. L'homme se développe actuellement comme un ver de terre : un tuyau qui avale de la terre et qui laisse derrière lui des petits tas. Si un jour la terre disparaît parce qu'il aura tout mangé, il ne faudra pas s'en étonner. A quoi cela sert-il d'aller dans le cosmos si c'est pour nous éloigner du problème primordial : l'harmonie de l'esprit et de la matière ?
N.C : Comment vous situez-vous par rapport à ce qu'on appelle la "modernité" ?
A.T : Comme un homme… qui a un pied sur le pont d'un premier bateau, l'autre sur le pont d'un second bateau… L'un des bateaux va tout droit, et l'autre dévie vers la droite. Petit à petit, je me rends compte que je tombe à l'eau. L'Humanité est actuellement dans cette position.
Je pressens un avenir très sombre, si l'homme ne se rend pas compte qu'il est en train de se tromper. Mais je sais que tôt ou tard il prendra conscience. Il ne peut pas mourir comme un hémophile qui se serait vidé de son sang pendant son sommeil parce qu'il se serait égratigné avant de s'endormir. L'art doit être là pour rappeler à l'homme qu'il est un être spirituel, qu'il fait partie d'un esprit infiniment grand, auquel en fin de compte il retourne. S'il s'intéresse à ces questions, s'il se les pose, il est déjà spirituellement sauvé. La réponse n'a aucune importance. Je sais qu'à partir de ce moment-là, il ne pourra plus vivre comme avant.
N.C : Aussi étrange que cela puisse paraître, les gens qui aiment vos films aiment aussi la science fiction de Spielberg, qui est lui aussi fasciné par les enfants. Avez-vous vu ses films et qu'en pensez-vous ?
A.T : En posant cette question, vous montrez que vous n'en avez rien à foutre. Spielberg, Tarkovski… tout cela pour vous se ressemble. Faux ! Il y a deux sortes de cinéastes. Ceux qui voient le cinéma comme un art et qui se posent des questions personnelles, qui le voient comme une souffrance, comme un don, une obligation.
Et les autres, qui le voient comme une façon de gagner de l'argent. C'est le cinéma commercial : E.T., par exemple, est un conte étudié et filmé pour plaire au plus grand nombre : Spielberg a atteint là son but et c'est tant mieux pour lui. C'est un but que je n'ai jamais cherché à atteindre. Pour moi tout cela est dénué d'intérêt. Prenons un exemple : à Moscou, il y a dix millions d'habitants, touristes compris, et seulement trois salles de concert de musique classique : la salle Tchaïkovsky, la grande et la petite salle du conservatoire. Très peu de place, et pourtant, cela satisfait tout le monde. Pourtant personne ne dit que la musique ne joue plus aucun rôle dans la vie en URSS. En réalité, la présence même de ce grand art spirituel et divin est suffisant. Pour moi, l'art des masses est absurde. L'art est surtout d'esprit aristocratique. L'art musical ne peut être qu'aristocratique, parce qu'au moment de sa création il exprime le niveau spirituel des masses, ce vers quoi elles tendent inconsciemment. Si tout le monde était capable de la comprendre, alors le chef oeuvre serait aussi ordinaire que l'herbe qui pousse dans les champs. Il n'y aurait pas cette différence de potentiel qui engendre le mouvement.
N.C : Pourtant en URSS vous êtes extrêmement populaire. Quand on veut voir vos films, on se bat devant les caisses…
A.T : Primo, en URSS je suis considéré comme un metteur en scène qui fut interdit, ce qui excite le public. Secondo, j'espère que les thèmes que j'essaye de réaliser viennent du fond de l'âme, à tel point que cela devient important pour bien d'autres que moi. Tertio, mes films ne sont pas une expression personnelle mais une prière. Quand je fais un film, c'est comme un jour de fête. Comme si je posais devant une icône une bougie allumée ou un bouquet de fleurs. Le spectateur finit toujours par comprendre lorsqu'on lui parle avec sincérité. Je n'invente aucun langage pour paraître plus simple, plus bête ou plus intelligent. Le manque d'honnêteté détruirait le dialogue. Le temps a travaillé pour moi. Quand les gens ont compris que je parlais une langue naturelle, que je ne faisais pas semblant, que je ne les prenais pas pour des imbéciles, que je ne dis que ce que je pense, alors ils se sont intéressés à ce que je faisais.
N.C : Pensez-vous comme Soljénitsyne que le monde occidental est fichu et que la réalité ne peut venir que de l'Est ?
A.T : Je suis loin de toutes ces prophéties. Etant orthodoxe, je considère la Russie comme ma terre spirituelle. Je n'y renoncerai jamais, même si je ne devais jamais la revoir. Certains disent que la vérité viendra de l'Occident, d'autres de l'Orient, mais, et heureusement, l'histoire est pleine de surprises. En URSS nous assistons à un réveil spirituel et religieux. Cela ne peut être qu'un bonne chose. Mais la troisième voie est loin d'être trouvée.
N.C : Qu'y a-t-il au-delà de la mort ? Avez-vous déjà eu l'impression de faire un voyage dans cet au-delà ? Quelles ont été vos visions ?
A.T : Je ne crois qu'une une seule chose ; l'âme humaine est immortelle et indestructible. Dans l'au-delà, il peut y avoir n'importe quoi, cela n'a aucune espèce d'importance. Ce qu'on appelle la mort, n'est pas la mort. C'est une nouvelle naissance. Une chenille se transforme en cocon. Je pense qu'il existe une vie après la mort, et c'est cela qui se révèle angoissant. Cela serait tellement plus simple de se concevoir comme un fil de téléphone qu'on débranche. On pourrait alors vivre comme on veut. Dieu n'aurait plus aucune espèce d'importance.
N.C : Quand avez-vous découvert que vous aviez une mission à accomplir et que vous en étiez redevable à l'humanité ?
A.T : C'est un devoir devant le Dieu. L'humanité vient après. L'artiste collecte et concentre les idées qui sont dans le peuple. Il est la voix du peuple. Le reste n'est que travail et servitude. Ma position esthétique et éthique se définit par rapport à ce devoir.
N.C : Quelle est la dernière chose que vous aimeriez dire aux hommes avant de quitter cette terre ?
A.T : L'essentiel de ce que j'ai à dire est dans mes films. Il m'est impossible de monter sur une tribune que d'ailleurs personne ne m'a construite.
N.C : Dans votre livre Le Temps Scellé, vous dites : "L'occident crie sans cesse : Regardez ! Ceci est moi ! Regardez comme je souffre ! Comme j'aime ! Moi ! Je ! Mien… !" Comment avez-vous résolu le problème de l'ego en tant qu'artiste célèbre ?
A.T : Je n'ai pas encore résolu ce problème. Mais, j'ai toujours senti sur moi l'influence et le charme de la culture orientale. L'homme oriental est appelé à se donner en cadeau à tout ce qui existe. Alors qu'en Occident, l'important est de se montrer, de s'affirmer. Cela me paraît pathétique, naïf et animal, moins spirituel et moins humain. En cela je deviens de plus en plus oriental.
N.C : Pourquoi avez-vous renoncé à tourner la vie d'Hoffmann ?
A.T : Je n'ai pas renoncé à ce film. Je l'ai remis à plus tard. Tourner Sacrifice était plus essentiel. La vie d'Hoffmann était destinée à être un film romantique. Or, le romantisme est un phénomène typiquement occidental. C'est une maladie. Quand l'homme vieillit, il voit sa jeunesse comme les romantiques voient le monde. L'époque romantique était spirituellement riche, mais les romantiques n'ont pas su utiliser leur énergie comme il le fallait. Le romantique embellit les choses, il fait ce que je fais lorsque je ne me suffis pas à moi-même : je m'invente moi-même, je ne crée plus le monde, je l'invente.
N.C : Pourquoi au commencement y avait-il le verbe, comme le rappelle la phrase finale de Sacrifice ?
A.T : Nous sommes très fautifs envers le verbe. Le verbe n'a de force magique que lorsqu'il est vrai. Aujourd'hui le verbe est utilisé pour cacher les pensées. En Afrique, on a découvert une tribu qui ne connaît pas le mensonge. L'homme blanc a essayé de leur expliquer et ils n'ont pas compris. Essaye de comprendre la mystique de ces âmes-là, et tu sauras pourquoi au début il y avait le verbe. L'état du verbe démontre l'état spirituel du monde. Actuellement l'écart entre le verbe et ce qu'il signifie ne fait que s'amplifier. C'est très étrange. C'est une énigme !
N.C : Vivons-nous la fin du monde ou la fin d'un monde ?
A.T : Une guerre nucléaire maintenant ? Cela ne sera même pas une victoire du diable. Cela sera comme… comme un enfant qui joue avec des allumettes et qui met le feu à la maison. On ne pourra même pas l'accuser de pyromanie. Spirituellement, l'homme n'est pas prêt à vivre ses bombes. Il n'est pas encore mûr. L'homme doit encore apprendre de l'histoire. Et s'il y a bien une chose qu'on a appris d'elle, c'est qu'elle ne nous a jamais rien appris. C'est une conclusion extrêmement pessimiste. L'homme répète sans cesse ses erreurs. C'est horrible. Encore une énigme ! Je crois qu'il nous faut fournir un travail spirituel très important pour que l'histoire passe enfin à un niveau élevé… Le plus important est la liberté de l'information que l'homme doit recevoir sans contrôle. C'est le seul outil très positif. La vérité non contrôlée est le début de la liberté.
Sa Biographie ici et ses films chez Edwood (je le répète, un des rares sites essentiels pour ma part. Gloire à lui, gloire à Ed mais les nimages ne marchent plus).
18 décembre 2005
Ce blog est garanti 100% sans Anne Archet. (vrai !)
En ce moment, j' oublie ma tête... J' avais prévu sur le dvd gravé pour la pyrénnéene aux cheveux couleur blé, une jaquette faire main aux feutres et tout et tout.
Et dans la précipitation lié aux évènements, j' ai oublié l' artwork aux pantone dans mes affaires de cours, lesquelles pourraient m' être volées (je ne vois pas trop l' utilité que l' on me vole des affaires de cours au passage mais mes livres persos, mon discman... enfin tout ce qui est resté sous cadenas si, snif).
Cursed, i'm cursed !...
Bon je fais quoi, j' essaye d' en refaire une sur micro n' importe nawak (j' ai surtout peur de manquer de temps) ou j' enverrais celle faite main, plus tard ? Pffff....
J' aime pas être maniaque des fois.... -_-
17 décembre 2005
An Animal Crossing
Pendant la seconde guerre mondiale, les nazis brûlaient les oeuvres qu' ils considéraient comme "dégénérées".
Dans Animal Crossing, sur game cube, des abrutis anonymes jettent des tableaux à la décharge.
C' est comme ça que j' ai pu récupérer "Le baiser" de Klimt. Coïncidence étrange puisque j' adore Klimt.
Un moment j' ai voulu le garder chez moi (on peut décorer nos maisons virtuelles, évoluer de villes en villes, c'est assez dingue ce jeu...). Et puis j' ai fait la connerie d'en faire une donation au musée virtuel. Enfin je peut quand même me dire que j' ai "sauvé une oeuvre" à moi seul et ça c' est déjà assez formidable.
Désolations...
Le vent nous emportera ?
(si la musique ne se lance pas automatiquement, le morceau est "Ny Batteri" par Sigur Ros)

16 décembre 2005
Just for the "fun"...
ça fait franchement plaisir...
Merci de votre collaboration
L' EQUIPE DE DIRECTION"
J' ai eu la joie de trouver ce mot placardé sur ma porte comme sur celle de 29 autres internes du bâtiment et malgré que nous sommes allés râler au surveillant hier soir, rien à faire. De toutes façons le pauvre n' était comme il l'a bien souligné qu' un héraut comme les autres.
Bien c'est le proviseur qui a pris la décision d' inviter 2 équipes de rugby en plus des arbitres, qu' il l' assume.
Si ma porte de placard est fracassé, voire le cadenas enlevé (on fait des miracles avec une pince, c'est mr Mac Gyver qui vous le dit), il va y avoir des plaintes.
Comme si on avait pas assez d' emmerdes comme ça.... Mais il veut nous faire vraiment souffrir ou quoi ?
Déjà que les tarifs de l' internat vont augmenter de 250 euros à partir de janvier pour ceux qui restent le week end (et ça donne franchement pas envie je vous le dit hein) alors bon...
Donc hier soir je comptais, pauvre cloche que je suis, me coucher enfin tôt. Pouvoir dormir. Mon rêve ultime depuis 3 semaines (de boulot, déprime, anxiété, inquiétudes, nuits blanches et tout le toutim). Pour être le moins irrascible possible devant ma famille. Pas de pot pendant ces vacances, je vais rester une vraie boule de nerfs j' en ai l' impression.
J' ai rangé ma chambre d' internat jusqu' a 2 heures du matin pour qu'elle soit vide au possible comme le jour où on l'a trouvée puis ai essayé de faire ma synthèse de documents en français. En vain, ma tête tombait de fatigue sur ma feuille. Même écouter du bourrin qui tache en musique, je tombais, ronflant.
Je me suis couché avec l' appareil à cd en lecture sur Sigur Ros pour traverser des plaines enneigées d' elfes primesautiers semblant m' apporter un peu de réconfort.
En plus plus aucune nouvelles de la Aude depuis son rapatriment sur Caen mardi. Silence total, qui va durer encore un peu je pense.
Suis je maudit ?
14 décembre 2005
Soizic.
Je n' avais pas les pistes en main pour décoder ce qui allait arriver.
Soizic, Peter Gabriel et "the chamber of 32 doors", L' Art Nouveau et tout ce qui me terrifia pendant cette nuit sont finalement arrivées.
Un an et demi plus tard.
Et je n' ai pas su l' éviter car pas su le décoder.
Pas étonnant que je vire les gens pour un rien en ce moment pour me refermer dans ma tour d' Ivoire.
Je finirai finalement seul.
J' espère aller mieux pendant les vacances, je n' en suis pas sûr.
De toutes façons, la longévité moyenne atteinte, tout ne sera plus que cendres alors a quoi bon s' escrimer....
11 décembre 2005
Voyage au bout de l' enfer (3)
Et commençons par le commencement.
Samedi 19 novembre, nous fêtions nos 14 mois de bonheur partagé.
C' était devenu maintenant une habitude, le 19 de chaque mois, nous nous offrions des petits cadeaux, des petites cartes, des goodies pour fêter le jour où l' on s' est embrassés et sortis ensemble. Un 19 septembre 2004 pour être exact.
Ce jour là, ma Aude paraissait distante, lointaine. Elle avait des choses qui pesaient lourds sur elle mais elle ne voulait pas m' en parler pour éviter que je m' inquiète de trop, ou peut être qu' elle ne voulait pas que je prenne ça trop à la légère avec cette sorte de désinvolture que je peut avoir devant certains évènements graves. Désinvolture qui n' est qu'une façade : bien sûr que je m' inquiète mais que puis je faire d' autre ? Si je devais arranger les choses à ma manière, ce serait carrément plus violent et brutal car oui, quand je m' énerve, je concède n' avoir plus aucun contrôle. Je peut alors devenir réellement cassant en disant des choses que je ne pense pas vraiment ou plutôt si, mais à un niveau inconscient.
Aude avait et à, de nombreux problèmes.
Je ne vais pas rentrer dans tous ses problèmes que j' ai moi même survolé mais maintenant il est temps de rentrer dans certains, avant de refermer ou cautériser la plaie au briquet voire chalumeau.
D' où par exemple ce dessin que j' ai fait (enfin peinture dans l' enervement).
Regardez bien en cliquant dessus, ce qui est marqué.
Je cite : "je hais la mère de Aude, je ne pourrais jamais pardonner ce qu'elle a fait à sa fille". C' est vrai et je ne lui pardonnerais jamais. De toutes façons si elle se pointe devant moi un jour celle là (sait on jamais), je lui fout non seulement la droite en pleine gueule dans ce qu'il lui reste de dents, et un balais dans le cul, parce que dans l' orifice vaginal, elle se pourrait qu' elle aime ça hélas et si ça ne suffit pas, alors autant lui envelopper le corps avec l' extrêmité de ses lèvres en étirant bien la peau jusqu' au bout, pour qu'elle étouffe dans sa chair à défaut d' étouffer par la chair de sa chair...
Oui je suis grossier et vulgaire et si c'est ce que vous pensez en me jugeant juste en me lisant alors je vous emmerde.
Et pour me calmer un peu, je m' explique : La mère de ma douce n' a jamais, je dis bien jamais, aimé sa fille. Aucun amour maternel, ni même d' Amour véritable puisqu' elle abandonna le père de Aude à ses tiraillements existenciels du "je t' aime, moi non plus" jusqu' a ce qu' il craque. Et maniaco dépressif en mal d' amour, de vie même comme un peu nous tous, il craqua.
Et cessa de vivre.
Le pire mais je ne veut pas en parler par respect pour elle, c'est que je sais comment il a disparu du monde des vivants, Aude l' ayant appris par l' entremise de son oncle (le sujet semble un peu tabou dans la famille et ça se comprend diablement malgré que face à moi dernièrement, la langue de son papy se soit déliée bien plus qu' elle ne l' aurait fait pour sa petite fille, sa Aude.) puis me l' avait dit. De toutes façons il fallait bien que je sois dans le secret un jour ou l' autre forcément.
Avec une mère qui ne la considérait que comme un objet, juste un objet pour s' accorder en société (un peu comme le stylo que les écoliers mettent dans leurs trousses, le sortent en cours ou à la maison pour les devoirs, mais qui ne va pas plus loin) et briller un peu, il n' était pas étonnant qu' Aude pleure plusieurs fois et lance cette phrase terrible :
"Mais si elle ne l' aimait pas lui, pourquoi je suis née moi ? A quoi je sers ? A quoi ça sert que j' existe ?"
A quoi effectivement peut signifier notre destinée quand on est que le fruit d' un simple caprice, même pas du fait de la vie ni de l' amour ? Ce n' est même pas le fait d' un viol puisqu' a la base il y avait l' amour d' un père pour sa femme et le consentement de cette dernière même un peu désintéressée soit il. Plus Aude me parlait de sa "mère", plus j' en apprenais par l' entremise discrète de ses grands parents et oncle et plus en moi je bouillonais à tel point que j' ai lancé à Aude un jour " Attends, passe là moi au téléphone que je lui file sa raclée tu va voir".
Je peut vous garantir que je l' aurais fait si l' occasion s' était présentée.
Pour moi, ce n' est pas une "mère", ni même une femme puisqu' elle n'a pas même eu conscience de sa propre vie, pour moi elle n' est rien. Et rien c'est déjà beaucoup pour elle je trouve encore.
Pour Aude, même si elle la déteste et la hais profondément, "c' est sa mère".
Aïe. Et oui, ce manque d' affection et de tendresse maternelle qui continue de blesser ma Aude a construit un sacré noeud gordien. Elle ne peut que haïr et détester mais elle ne peut pas même la repousser.
Chaque déprime que je voyais se peindre sur le visage de ma douce, c' était dû en grande partieaux appels de sa mère. Laquelle d' ailleurs ne se gênais pas pour appeler à 5 h du matin par exemple.
Là, vous commencez à esquisser le problème tel que je vous le griffone maladroitement avec mes mots sur ce papier virtuel mais ce n' est que la partie en surface de l' iceberg.
A chaque appel de sa mère, Aude quand elle devait répondre, esquivait par des mots simples. "oui", "non", "d' accord", "au revoir", "sans doute". Jamais de phrases construites car tout se bloquait instantanément en elle.
On ajoute à celà le fait qu' elle était en retard dans son travail --comme un peu tout le monde, certes--, que son travail ne faisait pas non plus l' unanimité des professeurs et qu'elle n' acceptait pas vraiment la critique ou la prenait comme si il fallait tout recommencer de zéro, qu' elle dormait peu et prenait une vingtaine de cachets par jour, qu' elle faisait -fait- de la spasmophilie (ça touche plus souvent les femmes que les hommes), qu' elle continuait à maigrir mais difficilement, qu' elle était --est encore hélas-- hyper stressée et que étrangement peu de temps avant l' accident du 19,20 novembre, une suite surnaturelle d' incidents pas vraiment heureux s' étaient produits sur elle et son entourage.
D' abord, nous avions eu des mots car nous étions très fatigués tous les deux sans hélas avoir conscience de nos propres points de ruptures. C' était deux jours avant le concert de Camille et nous avions en fait eu une mésentente sur ce que moi je trouve à priori d' une banalité consternante, mais qui avait fait rétracter Aude : les dissertations d' histoire de l' art. Juste comme ça, je signalais à Aude que j' enviais sa méthode de rédaction en plusieurs copies là où moi j' en remplis seulement une en recto verso et en travaillant dans l' urgence (un peu comme fugitive nyark nyark, remember the phone call), mais elle avait mal pris cette remarque anodine. Sans doute parce qu' intérieurement elle se positionnait --mais pas que seulement face à moi-- en compétition dans ce domaine. Puéril mais ça m' avait moi aussi blessé (suivez le cheminement de pensée et pensez à ma place. Si votre petit ami(e) se place en compétition face à vous, même dans le sexe, vous servez véritablement à quoi alors ?) et on s' était disputé.
Pour rien, des conneries et j'en sourit aujourd'hui mais le soir même ça n' allait pas fort autant pour elle que pour moi.
Ensuite, dernièrement Aude s' inquiétait à juste titre pour son oncle qui dans un lycée d' élèves perturbés (et perturbateurs) comportaient des élèments ayant participé aux émeutes, lesquels avaient d' ailleurs insulté son oncle. S' ensuivit une paralysie des membres (je ne veux pas rentrer dans les détails pour vous ménager) qui heuresement fut sans poursuite.
Mais fut sûrement un élèment qui entraîna ma douce dans sa chute.
Enfin sa mère, toujours et encore qui avait décidé de ne plus payer le loyer de sa fille pour s' acheter une nouvelle voiture. Abandonner la chair de sa chair pour une putain de bagnole. Je rêve. Elle rêve. Passez moi le fusil à pompe...
Mettez à celà que ma douce s' inquiète aussi bien que moi pour son avenir, qu' elle continue de trouver inexistant même si nous la réconfortons en lui disant que c'est faux (ce qui est exact vu qu'elle a un sacré coup de crayon, elle peut facilement s' en sortir mais comme elle manque de confiance en elle), elle se ronge les ongles et les sangs.
Et samedi 19 novembre, dans le Quick où nous nous donnions mutuellement nos cadows', elle restait distante. Je tentais bien une approche délicate mais elle esquiva en disant qu'elle pensait juste au maximum de boulot que l' on avait, que les profs éxagéraient, mais que sinon ça allait.
Mon oeil tiens, ça se voyait gros comme la comète qu' elle me cachait quelque chose, filait un mauvais coton. Et même côté sexe depuis une semaine, ce n' était pas ça, le manque d' envie la bouffait bien plus que moi, incapable qu'elle était -est- à faire abstraction du monde juste pour se caliner tranquillement loin de tout, sur un lit chaud et matelassé double plaid et couettes.
Le soir, je fis les courses avec elle à Champion, le moins cher dans toute la périphérie du centre ville et l' aidait à porter les courses, mais pendant qu'on marchait, elle ne parlait plus, elle était ailleurs et quand je voulais lui dire quelque chose, elle me répondais d' un "chut", que je n' appréciais pas des masses. Elle semblait craindre quelque chose.
Dans l' appartement, je rangeais la nourriture soigneusement côté frigo, côté placard. Au moment où nous devions nous préparer à manger vu qu' une heure plus tard je devais rentrer dormir à l' internat -donc toujours être préssé par le temps- elle fondit en larmes, se raccrochant à moi. Les mots étaient inutiles, je ne pouvais que faire d' autre que de la serrer dans mes bras.
Pendant une heure j' essayais de la consoler, pendant une heure, ce fut en vain. J' essayais les pointes d' humour désabusé, les "attends tu va finir par inonder la mer caspienne", les réprimandes pas trop méchantes mais rien n' y fit. Et si elle se calma un peu, ce fut au moment où je devais partir à l' internat, le ventre vide et qui criait desespérément famine.
Las ! Voyant que je passais la porte, elle se raccrocha à moi en pleurant de "reste avec moi ! Reste dormir avec moi !" et je ne pouvais que bredouiller des excuses confuses mais hélas vraies à savoir qu' il fallait que je rentre à l' internat sinon la C.P.E et le surveillant appelleraient le proviseur et là...
Je lui promis néanmoins de lui envoyer un sms ou de l' appeler dès 9h30 le lendemain, promis juré puis de la voir.
Je rentrais à l' internat peu rassuré, mangeai une pauvre boîte de thon, quelques biscuits et de l' eau du robinet puis essaya de me coucher pas trop tard pour pouvoir me lever le lendemain.
Je dormis très mal.
Le lendemain dimanche 20 novembre, j' envoyais un sms à 9h30, ponctuel comme promis, puis mangeai mon petit déjeuner d' interne à savoir du régilait en poudre instantané, des petits nesquik à diluer et les mêmes biscuits que le soir.
J' attendit un sms qui ne vint pas.
Vaine tentative de me rassurer : "Du calme, elle doit être sortie faire des courses ou elle est allée à la laverie comme un dimanche sur deux ou bien elle a pas allumé son portable ou ne l'a même pas emmené avec elle." Je m' habillais calmement, lu un peu et attendit, de la musique sur les oreilles.
A 10h, toujours rien, je sonne, tombe sur la messagerie. Je laisse un message improvisé d'une nullité aberrante et attend un peu une réponse.
Elle va appeler, c'est sûr.
Mais elle n' appelle pas.
Et là...
Là...
Là, la peur irraisonnée qui s' empare de moi. Je m' habille prestement et file, coure hors de ma chambre pour la retrouver.
(a suivre)
J' arrête là, il va être 3 heures du matin et comme j' ai un peu de boulot pour demain, mieux vaut que je sois un minimum en forme.
See you soon les gens.


