To stalk = marcher à pas de loup.
Je ne stalke pas, je ne suis pas un stalker même si je l' ai longtemps cru. Quand j' étais plus petit, oh pas si petit que ça, mettons la dizaine, je croyais que ma tête était un récepteur d' ondes longues portées, une chaîne de télé cervicale qui distribuait des informations et des programmes différents (le concept de télé-réalité n' existait alors pas mais pour moi, tout ce qui passait par le prisme de mes yeux pouvait être vu comme une chaîne interne avec mes pensées et les pensées des spectateurs), que les gens recevraient dans leur rêves la nuit.
Ce concept me plaisait tellement que pendant longtemps, ma marotte fut de me tenir en retrait, jouant sur les rôles de documentariste vivant et simple enfant. Celà annonçait alors une autre de mes préoccupations sous jacentes, à savoir, faire découvrir mes goûts aux autres et pourquoi pas les partager (bien que tout petit et déjà doté d'un gros négo, je pensais plus les imposer que vraiment échanger, comme j' allais le faire à l' adolescence). Dans le rôle du professeur, je commençais dans la cour de récré de l' école primaire déjà en montrant des dessins et bédés de mon crû avant de continuer par une extension vers les films, BDs, Cds au collège. Mon meilleur souvenir fut d' ailleurs, la sortie du second tome de Sillage et moi qui, tout fier, le montrait à Sonia, Guillaume, Sylvain et les quelques autres qui formaient alors cet espèce de groupe disparâte, ce clan.
Pendant la période lycée, je m' évadais sur les jeux online, la console et la création de deux forums tout en étant modérateur sur un autre....Blue Rappy. Les jeux en plus de sorties en expositions et cinéma, étaient un moyen comme un autre d' accéder à un autre univers, histoire de se changer les idées suite à des études bien sombres que j'ai dévoilé en partie (ou presque parce que je n' ai pas mentionné les humiliations et déceptions qu'il y a pu y avoir, et les rares bouffées d' espoir vers les loisirs, toujours la culture comme seule échappatoire) sur l' ancien blog. Puis l' après lycée, découverte de la prépa, liberté créative pleinement retrouvée puis première année de BTS, la Aude, liberté qui s'en va, à nouveau enfermement mais ça va encore. Seconde année, problèmes divers, personnels, perte de moyens, de courage, d' envie, et le Nio qui devient irrascible et se remet dans sa tour sombre, sa tour d' ivoire.
Sans Pistolero pour te faire chier.
Ceci est le dernier message sur ce blog, je ne vois pas quoi dire d' autre. Finir en apothéose ? Bof ou du moins non tellement ça n'en vaut pas la peine. Je suis quand même un peu étonné : ce blog aura vécu presqu'un an (plus que certains blogs de la fugitive que sur cette fuite en ligne droite cette fois je devance. Je donne le change cette fois, tu me suis ?) alors que je ne lui donnais que quelques mois. La coïncidence est double, ce blog s' arrête en avril, mois où j'avais commencé le premier, à presque deux ans d' intervalle.
Ce blog a commencé sur de la culpabilité et des remords, il en sera pareil pour la fin, la boucle est bouclée.
Pourquoi arrêter là ? Les raisons sont multiples.
D' abord d' un point de vue technique, blogger, c'est franchement pas terrible. Bonjour erreur 404, bonjour les textes qui se perdent sans le copier/coller/sauvegarde, mon sauveur (© Oneiros) , bonjour le système d' images à placer et tout le patatas....
Bref là où canalblog est accessible et pratique comme une fusée que l'on chevauche avec aisance, blogger est un vieil escargot à roulette qui fait "tournicoti, tournicoton"...
Maintenant d'un point de vue émotionnel.
Et bien aujourd'hui j'ai séché le dernier cours pour aller chialer de déprime, de dépit et de fatigue dans ma chambre mais ça n'a qu'un rapport lointain avec le fond principal du dossier. Regardez mon ancien blog, regardez le nouveau, y'a pas photo. Avant ça brillait, maintenant ça prend la poussière. Tu n'es pas la seule à te plaindre d'avoir perdu ton style Fugitive, je le ressens aussi pareil. Je n'ai pas marqué de grandes choses ici, à chaque fois ou presque des inutilités.
J' étais le dormeur qui doit se réveiller
mais qui crie en vain dans le désert.
Pas âme qui vive sauf les vers.
Dans la vraie vie, je dors peu, je suis constamment fatigué, mon voisin de chambre d' internat à un technodrôme. Le boum-boum qui vient de la droite de ma chambre est parfois oppressant même quand je lui dis de baisser, sur ce il s' exécute, ce qui ne m' empêche pas d' entendre quand même un maigre bruit de basse en fond sonore. Et si seulement c'était de bonnes choses...Les deux seules bonnes choses que j' ai pû entendre filtrer de ces murs, c' était Mickaël Jackson (je connais, j'ai Thriller en 33 trs) et une fois Mylo, et encore....
Faut dire que les murs de l' internat sont très fin...
A l'origine, construit comme il l' était dans les années 60, c' était un grand dortoir et puis avec le temps, on a mis des murs, ce qui a donné de mini chambres, de véritables clapoirs à lapins humains.
Mon autre voisin est plus calme, sauf quand il a sa copine dans sa chambre : il dort avec elle et donne des coups de coude dans les murs quand il ne culbute pas carrément contre ceux-ci. C'est là que je me dis qu' Aude me manque (elle est reparti depuis deux semaines à Caen) mais nos ébats sont moins charnels qu' au début, c'est une constatation que je me fais et que je suppose elle à dû se faire. Parce que c'est devenu trop routinier pour moi et que de nature on ne m' enferme pas dans un carcan (ça a au moins ça de bon que je reste fidèle à mes principes tiens), je veux du piment tant sur le plan amoureux, esthétique, intellectuel que sexuel.
Sur le plan amoureux, c'est gâché par ses déprimes (qui me font déprimer) et ses pleurs, mais là je n'y peut rien, je suis comme Ruquier (en moins beauf séduisant et consensuel néanmoins) : j'ai tout essayé. Tout.
Esthétique, je vais chez le coiffeur demain ou jeudi, ça me fera du bien de redevenir un skinhead ou un djeunz sorti de prison prêt à étrangler villepin un soir d' automne.(C'est beau...)
Intellectuel, là on touche le fond du problème, ça n'avance pas. J'ai beau à nouveau ingurgiter des livres en tout genre, blocage mental. Impossible de ressortir des exemples d' artistes d' art contemporain en dissertation d' AVA, résultat, encore un 7/20. Le troisième dans cette matière malgré les trois semaines de lectures et révisions d' où pleurs, dépit, râs le bol et séchage de cours. Et merde, pourquoi toujours des artistes d' art contemporains alors que les oeuvres de certains n'ont aucune finalité ou presque ? Branlette intellectuelle à la con. Au moins même si on se faisait chier dans 2001 (pas moi, mais je comprends très bien que 2001 fasse chier les gens :) ), y'avais un truc derrière.
Sexuel, j' ai envie de neuf mais là c'est elle qui ne veut pas trop. Je la comprends, c'en est d' autant plus frustrant.
Mon autre problème est que je ne me reconnais plus en ce monde. Pour les gens de nos jours, tout doit être un dû. Je ne leur dois rien, qu'ils aillent au diable.
J' aurais aimé créer une confédération de gens discutant des mêmes choses, des mêmes valeurs. C'est pour ça que j'ai fais un forum et que j'en ai fait un sacerdoce. Résultat de l' opération, seul Edounet et Renata ont changé leur goûts et évolué progressivement vers quelque chose de nouveau culturellement et je suis sûr d'y avoir joué un rôle, grand démiurge que je suis, ce qui me réjouit secrètement, et moi et mon négo. Mais je ne dois pas me laisser abuser, ni fléchir. La lecture du journal de Tarkovski m'a montré que je devais rester intransigeant sur ma ligne de conduite pour réaliser mes passions, sinon les autres nous bouffent et pour des conneries. Ainsi quand je dis que je ne supporte plus le monde qui m'entourent, un exemple simple, un gars qui sifflote dans l' internat. Bon ok il est content, il est heureux, mais qu'il arrête de fouttre son bonheur à la gueule des gens ! Merde, même la porte fermée, je l' entends, et ça dure des heures parfois le soir. Soit il veut faire chier son monde, soit montrer qu'il est heureux, E-R-E. Mais qu'il arrête, on dirait ce genre de personne qui est content de sa vie, de ce qu'il se contente et c'est presque ça. C'est lourd à force.
Je ne supporte plus les discussions inutiles que ce soit sur le net ou dans ma classe ou au lycée. Bref je redeviens un ermite mais c'est pour la bonne cause de ne pas devenir rachitique dans la connerie ambulante.
Voilà, voilà, je pense avoir tout dit.
Bien sûr cet arrêt n'est ptêt pas définitif, il est probable que je recommencerais un nouveau blog.
Mais là, il faut en finir.
Pour espérer reprendre un nouveau départ, un nouveau commencement radical peut-être jusqu' aux frondaisons mêmes.
Il faut que je saute le pas, m'envole vers un autre ailleurs.
Au revoir à tous.














