Pour Fally, alias Vincent.
Toute la journée, j' ai nettoyé et rangé.
Trié, préparé.
Ces foutus sac qui sont mes bagages pour l' exode de demain.
Toute la journée j' ai sué, trimé sous la chaleur et cette verrière qu'est le premier étage, exposé totalement aux feux ardents du soleil. Foutu été indien.
Le moral allait mieux, le générique d' H2G2 ci dessous tournait et revenait presque à chaque reprise.
Aussi bon que le final des Monthy Python sur leurs croix dans "Life of Brian"
Aussi con et subtil que les chansons mi scato, mi philo de "The meaning of life".
Aussi frais que les Beatles.
Aussi efficace que les Beach Boys ou Camille.
Pourtant vers la fin de l' après midi, le cheval morosité est revenu au galop.
Ma mère m'a sermonné que mon sac n' était pas prêt, puis m'a demandé ce qui n' allait pas.
" Bof c'est juste demain maman.
_ Oh non, tu ne va pas déprimer comme ton frère ?
_ .... Non. Si. Chais pas.
_ Et regarde moi ce sac, tu n'as rien foutu de la journée ?
_ .... (silence mi éloquent, mi pas convaincu)"
Je suis resté lentement à me morfondre dans mon coin et finir mes sacs seul après manger, moi qui espérait regarder un film ou me revoir une série d' animation comme FLCL, c'est raté.
C' est raté pour le décrochage de neurones.
J' entrevois déjà demain soir, je serais cloîtré dans ma chambre d' internat si j'en ai une, à rester seul dans une humeur noire.
Et pour parachever la soirée, je suis tombé sur un post d'un de mes meilleurs amis sur un forum, Fally, un être rare et précieux, d' une grande générosité et...Enfin, je décrirais l' ami Fall une autre fois. Je suis donc tombé sur son post, le voici.
" juste un petit mot pour vous dire que je sors de la bulle internet durant un moment indeterminé.
J'ai besoin de vivre un peu plus ma vie que comme je ne le fait actuellement .
Je perds tous mes repéres, je ne sais plus ce qui se passe parmi mes amis dans la vraie vie ... Je ne sais plus qui/ce que je suis ... malgré cette immensité "webesque" j'ai l'impression de ne plus en faire partie ... ces derniers temps un incommensurable sentiment de solitude m'a envahi ... et elle se fait comprendre... je me sens seul ( pas envers vous les amis, je vous rassure ) mais je sais qu'il me manque quelque chose qui malheureusement semble aussi inaccessible que le st grall ou excalibur.... @ bientôt les amis ...."
Alors que dire de plus, à ajouter sur ce tableau formidablement idyllique ?
Durant notre vie, on a tous un/des vide(s) à combler car nous ne naissons pas entiers.
Nous sommes partis de la matrice de nos mères, fractionnés, à la recherche d'un complément de vie qui peut prendre plusieurs appelations et nom divers au cours de notre apprentissage de la vie et du temps tels que Amour, Foi, Identité, sentiment de rattachement à une cause. Idéalisation de nos vies....
Des causes qui bien souvent nous dépassent car au moment où nous pensons les appréhender pleinement, elles nous échappent. Ce n' est alors plus du raisonnement qu'il faut appliquer mais une logique de mouvement, supplantant le théorique. Des gestes vifs destinés à capturer l' instant avant qu'il ne soit tenté de redisparaître.
A un amour passé à côté de nous, un idéal, une cause nous attirant pleinement tel l' insecte attiré par la lumière, l'on essayera soit d' utiliser la mémoire pour garder profondément l' instant en nous et le chérir, soit tenter une reconstitution physique en repartant sur d' autres bases, quitte à faire table rase des plaies qui pourraient pourtant rester ouvertes.
Je ne me doute que trop bien de la solitude de Fally sans vouloir lui donner un nom ici même, ce qui pourrait passer pour trop présomptueux de ma part.
Du moins, j' ai deux hypothèses personnelles.
Quand de plus, l'on reste trop longtemps sur le net, on ne fusionne qu'a moitié et le corps vacille d' avoir été oublié, supplanté par l' esprit, gavé de la moëlle (ou du gras) virtuel.
Que devenons nous à ce stade ?
Des zombies pensant mais se meuvant le plus difficilement du monde, le crâne éparpillé, la mémoire fonctionnant sur le secondaires. Batteries de secours.
De nos jours, il faut être social, se faire des amis, ne pas rester justement ce pauvre zombie qui reste à surfer sur le net, tel que moi par exemple.
Oui parce que attention, en usant trop d'un média pour son usage personnel quel qu'il soit, faire un blog ("ouh pas beau ça le blog, tu dois être fêlé ou malade dans ta tête"), on oublie de voir les gens, de faire fonctionner ses relations, sortir voir la fille d' a côté que l'on a justement remarqué par la fenêtre et qui si ça se trouve est casée déjà avec une brute patibularde de 10 de Q.I sûrement.
Pauvres cons.
La personne qui utilise le média à son propre usage et ce, dans les moindres recoins aura toujours plus de lucidité que vous ou tout au moins plus de culture que vous.
Ce média est une technologie des plus récentes, et il s' adjoint à chaque facettes de l' humanité quelle qu' elle soit. Car oui il y a des gens qui font des blogs. Et oui c'est comme dans la vraie vie, il y donc a des blogs de richards sans scrupules éxonérators de pauvres gens et qui vont s' acheter des bateaux de plus de 10 mètres de longs avec le mousse incorporé dans le packaging. Il y a des blogs d'imbéciles, pardon, des blogs de gens vachement très intéressants qui nous raconteront leurs dessous de lingerie ou les aventures de la pauvre sylviane qui s'est faite plaquer par ce salaud de Jean Marc.Quel salaud ce Jean Marc. Mais ptêt qu'il avait ses raisons, mais flûte on va me balancer des patates si je me fais l' avocat du diable.
Et puis il y a les blogs des autres, les marginaux, les à parts, les désaxés, les artistes de ce monde "déjà mort".
Ceux là je ne vois pas ce qu'on pourrait leur reprocher si ce n' est que s' élever au dessus de la moyenne, mais est ce un crime ?
Cette putain de vie sociale qu'on nous sermonne aussi souvent que les rubriques de cul et petites culottes dans les magasines féminins et masculins de l' été pour cacher le fait que la France à une population vieille et que ça va poser (ça commence déjà) un problème pour nos retraites donc que -oulà- il faut les amener à forniquer, ah que oui madame, ah que oui monsieur.
Eh bien cette putain de vie sociale n' est le plus souvent qu'une façade.
Les relations ? Tout est pistonné. Tu connais pas machin, tu n' auras jamais le poste de truc.
Voir les gens ? Qui vous dit qu' eux ont envie de vous voir ?
Et moi, je vais retrouver ces gens que j' ai mis un an à détester plutôt qu' aimer tant leurs petits poignards dans le dos finissaient par démanger.
Jour J : Je pars pour Samarobrive / Amiens dans 8 heures.
Et encore un jour pour avoir un semblant de réconfort avec miss A.
cross it, crack it, twitch - update it,
name it, read it, tune it, print it, scan it, send it, fax - rename it,
touch it, bring it, obey it, watch it, turn it, leave it, stop - format it.
Technologic, technologic, technologic, technologic...................................................................