25 décembre 2005

Les lumières de la nuit.

("Nature boy" - David Bowie et Massive Attack)
(cherchez et lancez le morceau si ça ne se déclenche pas)


Une armée de bougies a envahi les rues de la maison et l' espace de quelques nuits d' hiver, d' incroyables couleurs occupent celle-ci. Du jaune, du noir, de l' ocre, du sépia, de l' orange. Le contraste avec l' obscurité et la noirceur à la fois intérieure et extérieure est saisissant. Est il de bon ton de dire qu' en occident nous avons perdu la lumière originelle ?
Nous ne savons plus mettre des couleurs, de la lumière là où il le faudrait. Nos films, nos tableaux, notre écriture deviennent tous pour la plupart aseptisés, remplis de fadeur quand ce n' est pas l' égocentrisme qui nous guette. En capturant la splendeur de ces éphémères sculptures de cire en pleine flamboyance, arrivent des images audiovisuelles de splendeurs passées où la lumière n' illustre aussi parfaitement la réalité que dans le vacillement des êtres sur le chemin de la vie.
Perdus à jamais nos Barry Lyndon, nos Miroir. Seul le récent Village de M.Shyamalan arrive encore l' espace d' un temps a nous y faire croire, avant qu' il ne soit décrié par une masse d' abrutis dégénérés sans coeur non cinéphiles.

Nous avons perdus la flamboyance d' autrefois, pour le meilleur ou pour le pire ?


(La Madeleine à la veilleuse - George de la Tour)

Et ces quelques mots de René Char à propos de ce chef d' oeuvre visuel :

Je voudrais aujourd' hui que l' herbe fût blanche pour fouler l' évidence de vous voir souffrir : je ne regarderais pas sous votre main si jeune la forme dure, sans crépi de la mort. Un jour discrétionnaire, d' autres pourtant moins avides que moi, retireront votre chemise de toile, occuperont votre alcôve. Mais ils oublieront en partant de noyer la veilleuse et un peu d' huile se répandra par le poignard de la flamme sur l' impossible solution.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Allez... dis-le... c'est mon cadeau de moi que tu me fais...
René Char, celui qui te sauve la vie que t'as même aucune envie de préserver.
Celui qui te fait rebondir même sur le fond d'un puit de boue.
Celui dont l'intensité et la radicalité sont telles que tu as honte de ne pas le suivre dans les chemins de ronces.

Merci, mon Nico !

Nio a dit…

J' avoue avoir pensé à toi en citant Char, mais comment avec une oeuvre aussi belle que celle-ci, ne pas citer les mots qu'il a dit ?

Et puis la date du 25 décembre. Mouairf bon, je me suis fait grillé ! :)

Anonyme a dit…

Je connaissais pas cette version de Nature Boy, j'aime plutôt bien. Et le texte en italique à la fin ça vient d'où ?

Nio a dit…

Le texte en italique vient du poète René Char, un temps surréaliste aux côtés de Breton mais rapidement indépendant. Son oeuvre peut se résumer à une succession de fulgurences dans une écriture concise qui fait mouche presqu' a tous les coups pour peu qu' on soit un peu sensible à l' art des mots.