Soundtrack : Scott Walker - Copenhague
Après nous être requinqués, nous avons filés au cinéma le plus proche qui passait bien justement, le film qui nous intéressait, ou plutôt m' intéressait car je sentais qu' elle n' était pas chaude pour ça, bien qu' elle ne refusa pas, ni ne me proposa autre chose.
Parfois et c'est celà le plus destabilisant, je ne sais que penser d' elle. Bien sûr ses intentions envers moi me touchent, mais je n' exige pas non plus une impassibilité totale, d' ailleurs, je n' ai jamais demandé ça.
J' apprécie qu'on me surprenne continuellement, toujours à la recherche de nouveau, de vivant.
Elle est vivante, mais parfois figée dans ses pensées, comme un bloc qui ressace les anciennes pensées. Je n' aime pas la voir comme ça, c'est toujours assez dur pour moi.
Pendant presqu' un an bientôt de vie commune, j' ai été à ses côtés, la réconfortant continuellement, m' exaspérant secrètement de ne voir que peu d' améliorations dans son statut, son évolution.
Pourtant du changement il y eut avec l' arrêt de ses anti dépresseurs vers la moitié de notre année à deux. Puis l' arrêt des neuroleptiques et la perte progressive de poids, ainsi qu'un moral retrouvé la faisant à nouveau éclore de nouveaux pétales.
Et c'était magnifique malgré l' orage et la tempête un soir de première semaine d' août...

Dans la salle obscure pendant la séance du burlesquement sympathique H2G2, le guide du voyageur galactique (image piquée à Shushu, je précise :) ) , nous avions partagés nos cadeaux communs et elle s' était blottie contre moi.
Pas facile de regarder le film tout en s' embrassant mais vu le prix des places de cinéma le week end ("c'était mieux avant" oui, je sais, mais bon, ce genre de concept ne s' applique pas à tout, sauf peut être en utilisant d' ironie...), j' estime qu' a ce stade, on est en droit de rentabiliser au mieux l' achat.
On était même partants pour faire des choses dans la salle mais il y avait des enfants.
Lesquels, sales mioches, ont pleurés et geignés parce qu'ils ne comprenaient pas l' humour totalement absurde (inférieur largement néanmoins aux Monthy Pythons ainsi qu' au livre dont il est tiré mais so british dans sa forme, bref du tout bon, mais lisez le bouquin pour vous en payer une vraie tranche de rigolade, vous verrez...) du film.
Au moins en 2001, pour la ressortie de 2001 sur grand écran, les gosses même s'ils ne devaient rien y comprendre (oui, il y avait des enfants pour le film de Stanley Kubrick. Il y a des mères courageuses...^_^ ) se taisaient. Ils devaient aussi sûrement singulièrement se faire chier à moins comme moi de n' avoir découvert Star Wars que très tardivement pendant mon adolescence. (non, je ne vivais pas dans la cabane de Bob dans la forêt Lynchienne quoique...)
Après ça, courses non stop, matériel de dessin à acheter, divers goodies (Bételgeuse 5 par exemple, attendu pendant 2 ans comme le messie)...
Trias à 3 euros (au lieu de 7 habituellement si vous achetez votre matériel sur le tard...) car promotions spécial rentrée.
Il n' empêche que je m'en sortais avec 120 euros d' achat soit presque 1/10eme de ma paye du mois d' août qui part ("intelligemment" ou presque dirons nous) en fumée.
Ouch. Là ça fait un peu mal, d' autant plus que c'est ma façon de survivre à toute l' année scolaire.
Puis le rideau du soir tomba sur la scène de nos gueules éberluées.
Mon train partait à 38, il était 30 et elle allait rentrer là haut dans son appartement, seule.
Et en me regardant après un baiser, nous ne voulions plus nous quitter.
Pourquoi partir si ce n' est pour retrouver nos misères solitaires dans la noirceur de nos nuits chacun de notre côté dans nos régions, nos hémisphères si différents ?
Pourquoi nous quitter au moment où nous sommes le plus liés ?
Tout en tenant mes mains, elle avait doucement baissé sa tête et commencé à pleurer en silence.
Je relevais sa tête lentement, ramassant les larmes au coin des yeux et des sillons tracés sur les joues tout en la rassurant qu'il fallait encore tenir un peu avant notre totale réunification fusionnelle prochaine et je l' embrassais pleinement pendant un moment qui dura une éternité.
Un coup d' oeil à la montre. " Il va falloir y aller".
Mais à nouveau nous nous enlassons, et nous savourons l' un et l' autre, conscients de goûter cet instant qui ne devrait pas durer. Nos chevaux buccaux sautant à chaque fois un obstacle, un talus à tour de rôle tout en se frôlant de trop près, se chevauchant. Tour à tour cavaliers et jockeys de chair dans une même plaine obscure.
Ne pas louper le train.
Coup d'oeil à la montre.
Nous restons enlacés, un nouveau baiser. Mes yeux fermés habituellement, se rouvrent un court moment, des gens nous regardent, interloqués. Rien à foutre ! Qu' ils passent, nous regardent, dissertent entre eux, ratent leur train...
Le train.
La montre.
On se serre, sa tête est sur mes épaules, la mienne sur la sienne. J' ai l' impression que le temps s' est accéléré brusquement. Et on s' embrasse encore et encore; pas envie de perdre cette ivresse de vie et elle non plus. Mais dans cette masse de têtes qui nous croisent, le seul lien que nous pouvons tisser de notre corps se résume à l' enlacement de nos membres sur nos corps, à l' attachement de nos langues dans l' unique cavité formée de celle que nous avons chacun.
On se regarde à nouveau, elle a les yeux rouges mais elle esquisse un sourire, qui si il ne peint pas l' entière page de son visage, à le mérite d' être vrai. Je lui ai redonné confiance, une fois de plus là où elle l' avait perdu, malgré que je ne sois pas toujours des plus optimistes.
Train.
Montre.
36.-!-
Deux minutes de courses sur le quai où j' ai quand même pris le temps de marcher à reculons doucement, légèrement inquiet avant de la voir disparaître prendre le métro ligne 4, en direction de gare du nord.
Et dans le train, Scott Walker aux oreilles, je ne sais pourquoi mais je me sens amère.
Inquiet une fois de plus et amer.
Avec quelque chose qui me ronge le ventre, que je connais bien.
Parfois et c'est celà le plus destabilisant, je ne sais que penser d' elle. Bien sûr ses intentions envers moi me touchent, mais je n' exige pas non plus une impassibilité totale, d' ailleurs, je n' ai jamais demandé ça.
J' apprécie qu'on me surprenne continuellement, toujours à la recherche de nouveau, de vivant.
Elle est vivante, mais parfois figée dans ses pensées, comme un bloc qui ressace les anciennes pensées. Je n' aime pas la voir comme ça, c'est toujours assez dur pour moi.
Pendant presqu' un an bientôt de vie commune, j' ai été à ses côtés, la réconfortant continuellement, m' exaspérant secrètement de ne voir que peu d' améliorations dans son statut, son évolution.
Pourtant du changement il y eut avec l' arrêt de ses anti dépresseurs vers la moitié de notre année à deux. Puis l' arrêt des neuroleptiques et la perte progressive de poids, ainsi qu'un moral retrouvé la faisant à nouveau éclore de nouveaux pétales.
Et c'était magnifique malgré l' orage et la tempête un soir de première semaine d' août...
Dans la salle obscure pendant la séance du burlesquement sympathique H2G2, le guide du voyageur galactique (image piquée à Shushu, je précise :) ) , nous avions partagés nos cadeaux communs et elle s' était blottie contre moi.
Pas facile de regarder le film tout en s' embrassant mais vu le prix des places de cinéma le week end ("c'était mieux avant" oui, je sais, mais bon, ce genre de concept ne s' applique pas à tout, sauf peut être en utilisant d' ironie...), j' estime qu' a ce stade, on est en droit de rentabiliser au mieux l' achat.
On était même partants pour faire des choses dans la salle mais il y avait des enfants.
Lesquels, sales mioches, ont pleurés et geignés parce qu'ils ne comprenaient pas l' humour totalement absurde (inférieur largement néanmoins aux Monthy Pythons ainsi qu' au livre dont il est tiré mais so british dans sa forme, bref du tout bon, mais lisez le bouquin pour vous en payer une vraie tranche de rigolade, vous verrez...) du film.
Au moins en 2001, pour la ressortie de 2001 sur grand écran, les gosses même s'ils ne devaient rien y comprendre (oui, il y avait des enfants pour le film de Stanley Kubrick. Il y a des mères courageuses...^_^ ) se taisaient. Ils devaient aussi sûrement singulièrement se faire chier à moins comme moi de n' avoir découvert Star Wars que très tardivement pendant mon adolescence. (non, je ne vivais pas dans la cabane de Bob dans la forêt Lynchienne quoique...)
Après ça, courses non stop, matériel de dessin à acheter, divers goodies (Bételgeuse 5 par exemple, attendu pendant 2 ans comme le messie)...
Trias à 3 euros (au lieu de 7 habituellement si vous achetez votre matériel sur le tard...) car promotions spécial rentrée.
Il n' empêche que je m'en sortais avec 120 euros d' achat soit presque 1/10eme de ma paye du mois d' août qui part ("intelligemment" ou presque dirons nous) en fumée.
Ouch. Là ça fait un peu mal, d' autant plus que c'est ma façon de survivre à toute l' année scolaire.
Puis le rideau du soir tomba sur la scène de nos gueules éberluées.
Mon train partait à 38, il était 30 et elle allait rentrer là haut dans son appartement, seule.
Et en me regardant après un baiser, nous ne voulions plus nous quitter.
Pourquoi partir si ce n' est pour retrouver nos misères solitaires dans la noirceur de nos nuits chacun de notre côté dans nos régions, nos hémisphères si différents ?
Pourquoi nous quitter au moment où nous sommes le plus liés ?
Tout en tenant mes mains, elle avait doucement baissé sa tête et commencé à pleurer en silence.
Je relevais sa tête lentement, ramassant les larmes au coin des yeux et des sillons tracés sur les joues tout en la rassurant qu'il fallait encore tenir un peu avant notre totale réunification fusionnelle prochaine et je l' embrassais pleinement pendant un moment qui dura une éternité.
Un coup d' oeil à la montre. " Il va falloir y aller".
Mais à nouveau nous nous enlassons, et nous savourons l' un et l' autre, conscients de goûter cet instant qui ne devrait pas durer. Nos chevaux buccaux sautant à chaque fois un obstacle, un talus à tour de rôle tout en se frôlant de trop près, se chevauchant. Tour à tour cavaliers et jockeys de chair dans une même plaine obscure.
Ne pas louper le train.
Coup d'oeil à la montre.
Nous restons enlacés, un nouveau baiser. Mes yeux fermés habituellement, se rouvrent un court moment, des gens nous regardent, interloqués. Rien à foutre ! Qu' ils passent, nous regardent, dissertent entre eux, ratent leur train...
Le train.
La montre.
On se serre, sa tête est sur mes épaules, la mienne sur la sienne. J' ai l' impression que le temps s' est accéléré brusquement. Et on s' embrasse encore et encore; pas envie de perdre cette ivresse de vie et elle non plus. Mais dans cette masse de têtes qui nous croisent, le seul lien que nous pouvons tisser de notre corps se résume à l' enlacement de nos membres sur nos corps, à l' attachement de nos langues dans l' unique cavité formée de celle que nous avons chacun.
On se regarde à nouveau, elle a les yeux rouges mais elle esquisse un sourire, qui si il ne peint pas l' entière page de son visage, à le mérite d' être vrai. Je lui ai redonné confiance, une fois de plus là où elle l' avait perdu, malgré que je ne sois pas toujours des plus optimistes.
Train.
Montre.
36.-!-
Deux minutes de courses sur le quai où j' ai quand même pris le temps de marcher à reculons doucement, légèrement inquiet avant de la voir disparaître prendre le métro ligne 4, en direction de gare du nord.
Et dans le train, Scott Walker aux oreilles, je ne sais pourquoi mais je me sens amère.
Inquiet une fois de plus et amer.
Avec quelque chose qui me ronge le ventre, que je connais bien.
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