Bickel : Il le faut. Nos circuits retardateurs lui donneront nécessairement le sens de l' écoulement du temps. Sans cela, il ne serait qu'un vaste fouillis.
Prudence : Le sens de... l' immédiat.
Bickel : Quand vous y réflechissez, vous vous rendez compte que nous n' interprétons pas l' expérience immédiate du temps. Nous absorbons le temps à grandes goulées. Mais le temps réel, cela doit être quelque chose de graduel et de progressif, un changement qui glisse sans à-coups sur l' arrière-plan d'une constante de mesure quelconque.
Prudence : Ainsi nous alignons le temps physique du "Boeuf" et nous le mettons en route, comme un jouet que l' on remonte, en lui assignant une direction voulue.
Bickel : Les parties les plus reculées de son "présent illusoire" doivent s' estomper comme c'est le cas pour nous. Il faut que le passé soit moins intense que ce qui est en train d' apparaître à l' horizon. Il lui faut en permanence un "effaçage sequentiel progressif", sinon il sera incapable de distinguer ce qui est proche dans le temps de ce qui est éloigné.
Quand Flatterie leva les yeux vers l' écran, il vit Bickel brancher un oscilloscope, sur "le boeuf" et procéder à une vérification d' impulsion.
L' entropie, pensa Flatterie. Une seule direction dans le temps.
Il projeta une image dans son esprit : deux jets d' eau --l'un étiqueté entropie, et l' autre portant le nom de cette poussée probabiliste qu' on appelle la vie. En équilibre entre les deux, comme une balle sur un jet d' eau, dansait la conscience. "
Frank Herbert
"Destination vide"
"Destination vide"
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire