25 octobre 2005

The ladder...

Tu perds ton sang
à mariner dans ses yeux
tu perds ton sang

tel Attila
tel Othello
tu te noircis
dans quoi tu te mires
dans quel étang

à l' avenir
laisse venir
laisse le vent du soir décider

(Alain Bashung - Tel)



Quand on voit les gens, leurs espoirs, leurs parcours, nos icones, nos idoles et que l' on se regarde dans le miroir face à des proches qui te pressent de questions sur ton avenir "Mais qu' est ce que tu veut faire plus tard ? Tu ne sais toujours pas à ton âge ?" et que tu t' aperçoit que tu as plus d' envies que d' aspirations au fond de toi mais que le temps presse, d' ailleurs que l'on est même confronté à du temps qui s' en va, du manque de temps dans les casiers à moitiés vides de nos existances.
Forcément face à toutes ses attaques immédiates et au manque de recul on se demande bien finalement ce que l' on veut faire. On se dit que nos envies ne sont plus que des rêves ambitieux.
Et qu' est ce qu' un rêve sinon l' irréel ?
Un rêve est le plus facilement irréalisable et impossible généralement.
Quand on voit notre pays,
Quand on voit notre monde,
Quand on voit la précarité,
Quand on voit les jeunes sortis des grandes écoles, qui tombent dès le début au chômage,
Quand on voit la misère a deux pas de chez soi,
l' inculture, la culture de masse (les deux peuvent signifier une même chose, une basse culture), la pauvreté,
Alors qu'a quelques pas de là les grands magasins brilent de mille feux, étincelant sur le parvis des cathénaires...
Quand nos rêves sont bousculés par cette foutue réalité chaque jour.
Il suffit de voir "Lost in la mancha" pour déprimer un bon coup face au destin.
A chaque jour suffit sa peine dit-on, mais la vie est une épreuve perpétuelle.
Vivre, non survivre.



Mes bras connaissent
la menace du futur
les délices qu' on ampute
pour l' amour d' une connasse

(Alain Bashung - Mes bras)



Aller dans une impasse qui m' aurait coupé les ailes pour rejoindre Sonia, j' ai failli.
J' aurais pu la rejoindre sur la voie de garage pour des études qui ne m' auraient servies à rien, j' ai choisi la voie B, la voie de difficulté.
Bye bye Melody, bye bye Sonia, en route vers d' autres études, au revoir à jamais.
Un lycée dans la capitale. Isolé, retranchements.
Un tapis de feuilles mortes a recouvert mon être tandis que je me construisais une carapace en bois pouvant par moment laisser passer quelques rayons de chaleur.
J' avais encore des rêves à cette époque et je me voyais déjà roi de la montagne un peu comme Tetsuo, mes "talents artistiques" se substituant aux pouvoirs psychiques de ce dernier pour m' aider à affronter le monde.
J' étais prêt à subir certains affronts, certaines déconvenues, qu' importe, j' avais de fidèles alliés musicaux et cinéma pour m' aider à tenir ma retraite hors du social, ma solitude loin des "archanges aux blanches canines".

Mais le temps, l' érosion ont rongés ma retraite de chêne et de feuilles, d' orange et de sépia et des tisons de bois se sont plantés un peu partout dans le corps, tel les fragments du miroir de la reine blanche.



J' ai vu le ciel tourner au violet
et les filles se faire aimer
la mort dans l' âme
c' est la chaleur humaine

(Alain Bashung - Je me dore)



On me parle de métier, on me demande de choisir le réel plus que l' iréel, ce dernier ayant plus guidé mes pas, mais mes espoirs et mes rêves ont commencés à s' enfuir de ma boîte cranienne pandorienne. Seule ne reste que la mélancolie face au temps qui passe.
J' ai voulu me réfugier dans l' amour pour me prendre en pleine face le tisonier.
J' ai voulu me réfugier dans mes dessins et mes écrits alors que certain n' y voient que fumée.
J' ai voulu me réfugier dans l' amour une troisième fois...
J' ai voulu me réfugier dans mon univers...
Insensible ou presque aux assauts de l' immédiateté du monde qui nous entoure.

On en arrive même a se demander dans l' eau sale face a ce contour blafard si on change, si on évolue.
Je me suis face à certaines attentes mis à espérer et croire en des choses pour être déçu.
Est ce évoluer si on s' aperçoit que l' on est devenu plus pointilleux, plus maniaque dans ses goûts voire parfois intolérant pour placer ses espoirs dans des choses qui participent de nos rêves ?
J' ai l' impression d' être en décalé. Je l' ai toujours été mais je le ressens plus que d' habitude aujourd' hui quand ma tête sort hors du flot de voix qui emplit jusqu' a l' horizon.
Là où certains crient au génie, je me demande si ce n' est pas pour se faire remarquer plus fort que les autres. On me dit que le nouveau un-tel est formidable, je le trouve moyen. Le nouveau machin-chose qui sort bientôt se révèle pitoyable. Par contre certains se prenant pour l' élite et ayant des chevilles plus grosses que les miennes (ce qui est une honte : moi mes chevilles me servent uniquement à emmagasiner de la graisse pour l' hiver tandis qu' eux, c' est pour défiler toujours plus sur leurs grosses échasses sous les flashs d' un public toujours plus avide. Je préfère ma survivance à leur béatitude boursouflée (pas que dans les chevilles, le crâne peut aussi se remplir d' air...) flash aux argentiques et numériques du standing) n' hésitent pas a donner leurs points de vues juste d' après leur ouï, leur dire, leurs idées de l' évolution, du statut des êtres.
Je passe après pour m' apercevoir que leurs fantasmes et visions personnelles se sont superposés à leurs rétines déjà bien décalées par les innombrables choses vues et entendues.

Cette chronique de Burton par exemple qui m'a fait réagir dernièrement.

J' en viens à me demander si nos espoirs, nos rêves ne seraient pas finalement bouffés par eux...
Peut être suis je trop réceptif à ce qui m' entoure.
Peut être devrais je me fabriquer des douves et des murailles pour consolider mes ruines...

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