La nuit commence a s' écouler sur le biais de mes maigres préoccupations du moment.
Les vacances sont en effet pour moi le moment de débrancher le cerveau, mais d'une manière presque totale qui fait peur. Néanmoins, mes vacances commençant à lentement s' éclipser, je me sens revenir à des préoccupations plus sérieuses (plus déprimantes diraient certains auxquels je ne peut donner tort) en vue du retour dans le vivier des cours du lundi.
Recherches d' exposés, de dissertations, de facs à squatter l' an prochain (si tant est que je puisse avoir un avenir là dedans. Pas que je ne doute de mon talent non, plus maintenant, mais plus que peu de gens apprécient ce, ces talents...), de boulots à enchaîner peut être pendant l' été.
En même temps curieusement, le fait d' accumuler les recherches que ce soit pour cette dissertation sur des artistes en tout genre (un primitif religieux, Fra Angelico, et 2 contemporains, Jenny Holzer et Wim Delvoye), des designers prestigieux et inventifs (que j' avoue admirer) ainsi que d' avoir mes blogs et mon forum à gérer sans compter des "cases à bulles" pour le canadien d' adoption Jean me transportent dans un état proche de l' allégresse et du lyrisme, qui me renouvellent, me reboostent sans arrêt.
Et pourtant je devrais commencer à déprimer, et pourtant non, du moins pas tant que ça.
Me connaissant, je sais que j' aurais largement le temps de déprimer en mars lorsque je me prendrais un an de plus. Curieusement et même avec tout le réconfort matériel et consumériste qu'ont les anniversaire, je déprime toujours. Comme si j' avais perdu un an, pour en accueuillir un nouveau. Peut-être qu' au fond de moi, j' accueuille brièvement ce jour là une conscience de la mort et de la renaissance de quelque chose en moi ?
Du côté culturel, je n' ai rien débranché depuis le début même si ma première semaine de vacances était plus consacrée à ma douce qu'a mon blog et je m'en excuse maintenant. Que maintenant mais merde, j' ai une femme et (bientôt) des gosses à nourrir moi.
Bref, deux nouveaux chocs cinéphiliques à rajouter à mon palmarès, "Les chiens de Paille" de Peckinpah (Straw Dogs - 1971) et "On achève bien les chevaux" de Sydney Pollack (They shoot horses, don't they - 1969). Deux films que d' une certaine manière j' avais toujours voulu voir.
Pour le premier, c'était lié à son aura sulfureuse de film (très) violent et destabilisant, quand au second, ma prof de français de lycée me l' avait fortement recommendé pour que je suive personnellement son conseil.
Je ne l' ai pas regretté.

Les chiens de Pailles, pour commencer. De Sam Peckinpah, j' avais juste entendu que des bribes, des "un réalisateur engagé","crépusculaire","violent" et surtout que Tarantino admirait le bonhomme. Et puis récemment La horde sauvage (The wild bunch) est repassée à Paris en salles de cinéma. Ayant raté le film, j'ai rongé mon frein et quel ne fut pas ma surprise de trouver ce film en promo à Virgin, à un prix bas, un prix que je pouvais me permettre.
Le film date de 1971 mais c'est juste pour situer d'une manière purement chronologique car le film n'a rien perdu de son mordant, de sa violence, de son découpage, son montage à la fois travaillé à l' extrême et destructuré. Aussi fort qu' Irréversible le film de Noé puisqu' il entretient avec ce dernier un point, enfin une scène commune, une scène de viol qui nous est montrée non seulement d'une manière (très) crue mais aussi de façon voyeuriste. A cette scène de viol de la pauvre Amy (Susan George, géniale) l' épouse de David, s' alternent des plans très rapides inscrivant durablement le malaise : Pendant qu' Amy, se fait pendre par derrière (hum littéralement), on repasse à David (Dustin Hoffman, formidable), abandonné cruellement au cours d'une partie de chasse. Bien sûr la partie n' est qu'un prétexte, il faut égarer le pauvre mathématicien prude et réservé, l' emmener loin pendant qu' on détrousse son épouse.
Alors qu' Amy se fait violer une première fois (par la voie naturelle si on peut dire), David abat une perdrix. L' instant d' après, gros plan sur le visage d' Amy, qui retombe sur le côté tandis qu'une larme coule. Alternance de ce plan avec celui de David ayant récupéré l'oiseau mort, la tête qui retombe entre ses mains. Peckinpah vient de faire mal, très mal, et ce en quelques plans, à peine une dizaine de secondes. Peut être trois fois rien, mais juste le temps finalement d' avoir quelqu'un dans sa mire calmement avant de l' abattre comme un chien.
La scène est d' autant plus horrible que la victime est à moitié consentante et pour cause, c'est son ex qui se charge d' elle. Amy, irlandaise de nature, rameunant avec elle son américain de mari avait semble t-il oublié la brutalité et la rudesse des gens du pays, qui n'ont rien à envier aux ploucs de Délivrance. Ils étaient venus pour du calme, ils connaîtront la fureur et la violence.
Pauvre Amy, mais ne l' avait elle pas cherché en se pavanant seins nus devant la fenêtre, là justement où travaille ces hommes, embauchés pour construire la grange, mais qui feront beaucoup plus ? Elle qui se balade sans soutiens gorge sous son pull et laisse les seins pointer , ce qui attise bien évidemment le regard des mecs du village.
Pauvre David, jeune mathématicien aussi timide et réservé que Shinji Ikari, qui pétrifié par la sourde brutalité de ces gens laisse faire. Au début pourtant ça reste gentil, à peine du bizutage pour le nouveau venu. Plaisanteries qui tournent aux moqueries. Puis l' échelon grimpe lentement et David ne réagit toujours pas. Le couple se fait harceler, le chat est retrouvé pendu dans l' armoire. Mais David ne réagit toujours pas et sa femme est violée, mais rien.
Et puis forcément un jour, ils poussent le bouchon trop loin...
Le film date de 1971 mais c'est juste pour situer d'une manière purement chronologique car le film n'a rien perdu de son mordant, de sa violence, de son découpage, son montage à la fois travaillé à l' extrême et destructuré. Aussi fort qu' Irréversible le film de Noé puisqu' il entretient avec ce dernier un point, enfin une scène commune, une scène de viol qui nous est montrée non seulement d'une manière (très) crue mais aussi de façon voyeuriste. A cette scène de viol de la pauvre Amy (Susan George, géniale) l' épouse de David, s' alternent des plans très rapides inscrivant durablement le malaise : Pendant qu' Amy, se fait pendre par derrière (hum littéralement), on repasse à David (Dustin Hoffman, formidable), abandonné cruellement au cours d'une partie de chasse. Bien sûr la partie n' est qu'un prétexte, il faut égarer le pauvre mathématicien prude et réservé, l' emmener loin pendant qu' on détrousse son épouse.
Alors qu' Amy se fait violer une première fois (par la voie naturelle si on peut dire), David abat une perdrix. L' instant d' après, gros plan sur le visage d' Amy, qui retombe sur le côté tandis qu'une larme coule. Alternance de ce plan avec celui de David ayant récupéré l'oiseau mort, la tête qui retombe entre ses mains. Peckinpah vient de faire mal, très mal, et ce en quelques plans, à peine une dizaine de secondes. Peut être trois fois rien, mais juste le temps finalement d' avoir quelqu'un dans sa mire calmement avant de l' abattre comme un chien.
La scène est d' autant plus horrible que la victime est à moitié consentante et pour cause, c'est son ex qui se charge d' elle. Amy, irlandaise de nature, rameunant avec elle son américain de mari avait semble t-il oublié la brutalité et la rudesse des gens du pays, qui n'ont rien à envier aux ploucs de Délivrance. Ils étaient venus pour du calme, ils connaîtront la fureur et la violence.
Pauvre Amy, mais ne l' avait elle pas cherché en se pavanant seins nus devant la fenêtre, là justement où travaille ces hommes, embauchés pour construire la grange, mais qui feront beaucoup plus ? Elle qui se balade sans soutiens gorge sous son pull et laisse les seins pointer , ce qui attise bien évidemment le regard des mecs du village.
Pauvre David, jeune mathématicien aussi timide et réservé que Shinji Ikari, qui pétrifié par la sourde brutalité de ces gens laisse faire. Au début pourtant ça reste gentil, à peine du bizutage pour le nouveau venu. Plaisanteries qui tournent aux moqueries. Puis l' échelon grimpe lentement et David ne réagit toujours pas. Le couple se fait harceler, le chat est retrouvé pendu dans l' armoire. Mais David ne réagit toujours pas et sa femme est violée, mais rien.
Et puis forcément un jour, ils poussent le bouchon trop loin...
Je passe maintenant à "On achève bien les chevaux" de Sydney Pollack qui s' avère une parfaite dénonciation de la cruauté et de la bêtise humaine lui aussi si ce n' est que c'est sous le prisme de jeux du cirque moderne.
En 1932, les Etats-Unis sont en pleine dépression et poussés par le chômage et la misère, des hommes et femmes de tout le pays décident de participer aux marathons de danse dont les vainqueurs reçoivent des primes pouvant aller jusqu' a 1200 dollars.
Dès le début du film, on sent que tout ça va mal tourner. La caméra regarde lentement chacun des protagonistes importants et même les seconds rôles ne seront pas oubliés. Il suffit de voir leur évolution et les chemins qu'ils vont suivre tout au long du film pour comprendre que tout va aller de travers. C'est un jeu de massacre impitoyable et pourtant, pour gagner un peu d' argent, les gens sont prêts à aller jusqu' a la déchéance ultime, voire la mort.
Les conditions sont en elles même horrible : 10 minutes de pause toutes les 2 heures et c'est tout.
Un candidat tombe par terre et y reste plus de 10 secondes et le couple est éliminé.
On sort de la piste quelques secondes, on est éliminé.
On parle avec le public, on est éliminé.
Le marathon devient alors lentement inhumain.
Au bout de 20 heures, il y a encore 70 couples sur la piste de danse. Certains abandonnent par résignation plus que par fatigue.
10 minutes de pause, juste le temps pour pisser, prendre un peu de repos, dormir sur des matelas improvisés dans une petite salle au fond de la piste de danse, prendre une douche ou essayer.
Au bout de 40 heures, les premières cernes arrivent, mais les candidats tiennent encore. Alors pour en éliminer plus, on leur fait faire un derby de courses, comme les chevaux. On trace une ligne blanche au sol, la piste est ovale puis ils ont droit à 10 minutes de course le long de la piste sans s' arrêter. Et les couples ne doivent pas se lâcher (ils se tiennent par la ceinture, devant ou sur le côté) d'une semelle.
150 heures. 45 couples et demi. Certains se défont parce que l' autre à eu une crampe ou un nerf qui a lâché. Dans ces cas là, le ou la solitaire à 17 heures pour trouver quelqu'un d' autres avec qui continuer avant d' être éliminé. Et pour couronner le tout, face à des danseurs qui comment lentement à craquer et névroser, les maîtres de cérémonie n' hésitent pas a faire des coups bas.
1070 heures. Plus que 10 couples, la fin qui lentement approche, mais peut on encore parler d' êtres humains pour ceux qui sont restés ? Leur vie ne tient presque plus qu' a un fil.
Une critique sociale de la cruauté humaine terriblement encore d' actualité.
En 1932, les Etats-Unis sont en pleine dépression et poussés par le chômage et la misère, des hommes et femmes de tout le pays décident de participer aux marathons de danse dont les vainqueurs reçoivent des primes pouvant aller jusqu' a 1200 dollars.
Dès le début du film, on sent que tout ça va mal tourner. La caméra regarde lentement chacun des protagonistes importants et même les seconds rôles ne seront pas oubliés. Il suffit de voir leur évolution et les chemins qu'ils vont suivre tout au long du film pour comprendre que tout va aller de travers. C'est un jeu de massacre impitoyable et pourtant, pour gagner un peu d' argent, les gens sont prêts à aller jusqu' a la déchéance ultime, voire la mort.
Les conditions sont en elles même horrible : 10 minutes de pause toutes les 2 heures et c'est tout.
Un candidat tombe par terre et y reste plus de 10 secondes et le couple est éliminé.
On sort de la piste quelques secondes, on est éliminé.
On parle avec le public, on est éliminé.
Le marathon devient alors lentement inhumain.
Au bout de 20 heures, il y a encore 70 couples sur la piste de danse. Certains abandonnent par résignation plus que par fatigue.
10 minutes de pause, juste le temps pour pisser, prendre un peu de repos, dormir sur des matelas improvisés dans une petite salle au fond de la piste de danse, prendre une douche ou essayer.
Au bout de 40 heures, les premières cernes arrivent, mais les candidats tiennent encore. Alors pour en éliminer plus, on leur fait faire un derby de courses, comme les chevaux. On trace une ligne blanche au sol, la piste est ovale puis ils ont droit à 10 minutes de course le long de la piste sans s' arrêter. Et les couples ne doivent pas se lâcher (ils se tiennent par la ceinture, devant ou sur le côté) d'une semelle.
150 heures. 45 couples et demi. Certains se défont parce que l' autre à eu une crampe ou un nerf qui a lâché. Dans ces cas là, le ou la solitaire à 17 heures pour trouver quelqu'un d' autres avec qui continuer avant d' être éliminé. Et pour couronner le tout, face à des danseurs qui comment lentement à craquer et névroser, les maîtres de cérémonie n' hésitent pas a faire des coups bas.
1070 heures. Plus que 10 couples, la fin qui lentement approche, mais peut on encore parler d' êtres humains pour ceux qui sont restés ? Leur vie ne tient presque plus qu' a un fil.
Une critique sociale de la cruauté humaine terriblement encore d' actualité.

3 commentaires:
la nuit semble etre un moment propice a la réflexion pour toi...
concernant l'année de plus que tu vas prendre d'ici peu, et là c'est une déprimée de l'anniversaire qui en parle, ca n'est pas bien grave. D'apres ton profil, ca te fera 23ans, mais c'est jeune! Et puis ce sont 23 années remplies de reves, d'envies, de création, ce qui devrait suffir a éclipser ton vague a l'âme quand ca arrivera.
attends de passer les 25...là tu sens que le temps passe...moi je regarde les 26 se profiler a l'horizon je n'arrive pas a m'y faire lol Dans tous les cas, ça n'est pas facile de vieillir, de se dire qu'on devient adulte, et finalement on n'a aucune prise sur le temps qui s'écoule...
mais bon, inutile de trop se prendre la tête, demain il fera jour comme on dit...
encore une com pour ne rien dire, désolée, je vais arreter de parler qqs temps je crois...
ps: j'avais oublié ta façon d'écrire, ton style, et pourtant je suis persuadée que j'arriverai a les reconnaitre n'importe ou. Tu es particulier toi...continue comme ça! ;)
23 ans c'est vieux néanmoins pour un djeunz qui n'a toujours pas vraiment fait sa crise d' adolescence ou juste par fragments... :)
Quand je songe a tout ce que je dois parcourir et du temps que parfois je gâche inutilement, ça me rend malade...
encore une com pour ne rien dire, désolée, je vais arreter de parler qqs temps je crois...
>> tss tss, nous disons tous des choses et même la plus petite inutilité peut se révéler importante crois moi :)
tu me fais rire :)
la crise d'adolescence peut prendre bien des formes, tu as dû y survivre sans t'en rendre compte tout simplement...
le temps passe vite c'est vrai, mais tu as bien le temps d'accomplir des choses, à ton rythme, au moment idéal, car tu n'as que 23 ans et encore bien des années devant toi...Il n'y a pas de temps gaché meme si tu en as l'impression, dis toi que tout ca te sert d'une façon ou d'une autre, te construit...:)
bon allez, à présent je vais aller me construire plus loin moi tiens et arreter de dire des conneries lol
ciao
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